La tournée électorale de QS ne s’éparpille pas, assure Manon Massé

La porte-parole solidaire estime qu’il est important de s’arrêter dans toutes les régions, même si certaines sont réputées pour voter libéral.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La porte-parole solidaire estime qu’il est important de s’arrêter dans toutes les régions, même si certaines sont réputées pour voter libéral.

Québec solidaire assume sa tournée à travers le Québec et rejette les propos de son ancien porte-parole Amir Khadir, qui estime que le parti devrait se concentrer sur les circonscriptions où il a des chances de faire des gains plutôt que de « s’éparpiller » à travers la province.

« Je pense qu’Amir n’a pas conscience de l’ampleur de la campagne qu’on est en train de vivre sur le terrain », a commenté Manon Massé, porte-parole de QS et candidate au poste de première ministre.

Le député sortant de Mercier, qui fait partie d’un quatuor d’observateurs politiques du Devoir, a souligné mardi que, pour se démarquer davantage dans les prochaines semaines, QS devrait miser sur des circonscriptions précises.

« [Le parti] doit concentrer ses efforts dans les circonscriptions où il a des chances de faire de bons scores sinon de surprendre — et moi j’en vois au moins une dizaine si ce n’est pas une quinzaine — […] plutôt que de s’éparpiller à travers le Québec », a fait valoir M. Khadir.

Mme Massé ne s’est pas dite déçue des propos de M. Khadir ; au contraire, elle aimerait qu’il puisse être avec elle.

« J’aimerais tellement qu’il soit avec moi dans l’autobus pour voir ce qu’on a vu, nous autres », a indiqué Mme Massé.

Plus tard mardi, M. Khadir a indiqué que ses propos étaient plutôt un avertissement à QS de résister à la tentation d'aller rencontrer tous ses militants dans les derniers miles de la campagne. 

« Ce que je voulais dire, c'est qu'à quatre semaines des élections, il faut éviter de se disperser. QS est formé de militants de partout à travers le Québec qui se consacrent au mouvement et qui souvent aimeraient qu'on vienne les voir même à quelques jours du scrutin. Mais il faut résister à la tentation pour concentrer nos efforts et obtenir des résultats », a fait valoir M. Khadir. 

QS et sa tournée panquébécoise

De Rimouski à Val-d’Or, en passant par des villes de 2400 habitants comme Ville-Marie et Témiscaming, en Abitibi-Témiscamingue, Québec solidaire a parcouru près de 3000 kilomètres depuis le début de la campagne. À plusieurs reprises, QS s’est plu à rappeler qu’il s’agit de « la plus importante tournée de l’histoire » du parti.

La porte-parole solidaire estime qu’il est important de s’arrêter dans toutes les régions, même si certaines sont réputées pour voter libéral.

« Lundi, à Gatineau, nous étions autour de 150 personnes, alors qu’il y a 10 ans, en 2008, nous étions huit en m’incluant. Alors, c’est comme ça qu’on crée un mouvement. En venant jaser avec les gens, en venant appuyer nos candidatures, et je pense qu’on est dans la bonne voie », a-t-elle fait valoir.

QS s’est surtout concentré sur la rencontre de militants et la rencontre de travailleurs d’entreprises d’économie sociale, de fermes bio ainsi que de coopératives.

« Québec solidaire est un mouvement, ce n’est pas seulement des députés, c’est les Québécois et Québécoises qui décident de rompre avec la vieille politique, et ça, tu ne fais pas ça dans une poignée de circonscriptions », a insisté Mme Massé.