Radio-Canada reproche au PQ d'avoir utilisé une de ses émissions à des fins partisanes

L'animateur de radio Philippe Laguë, lors d'un enregistrement de l'émission «À la semaine prochaine»
Photo: Radio-Canada L'animateur de radio Philippe Laguë, lors d'un enregistrement de l'émission «À la semaine prochaine»

À Radio-Canada qui reproche au Parti québécois d’avoir utilisé une de ses émissions à des fins partisanes, Jean-François Lisée a répondu mardi que le diffuseur public cherche à « faire un stunt » pour obtenir de la publicité.

Le diffuseur public a dénoncé une publicité péquiste qui reprend le ton de son animateur Philippe Laguë et le titre de son émission « À la semaine prochaine ». 

« Cette publicité contrevient non seulement aux droits d’auteur de Radio-Canada sur le titre, le style et le contenu de l’émission, mais peut aussi causer un préjudice important au diffuseur public en période de campagne électorale, alors que la moindre apparence de connivence avec un parti en lice peut remettre en question la crédibilité et l’impartialité de notre couverture », a écrit Radio-Canada dans un communiqué. 

« C’est tellement farfelu que Radio-Canada affirme qu’ils sont les propriétaires mondiaux de mots de la langue française que je continue à penser que c’est un stunt de relations publiques de Radio-Canada », a répliqué Jean-François Lisée, dans une mêlée de presse qu’il a ponctuée de rires. 

Il a dit qu’il n’était « pas question » pour le PQ de retirer sa publicité, et ce, même s’il a confirmé que les avocats du parti et du diffuseur public ont eu des discussions au cours de la journée. 

Entre-temps, l’équipe de communications de son parti a fait parvenir aux journalistes deux versions de la publicité. La version radio présente une voix nasillarde, tandis que la version télévisée utilise une voix plus grave. 

Écoutez un extrait de la publicité du PQ dévoilée sur les ondes du 98,5 FM​


Mardi matin, l’animateur Philippe Laguë a déploré dans une entrevue avec Le Devoir l’utilisation de l’expression « À la semaine prochaine » et d’une voix nasillarde qu’il estime semblable à la sienne dans une publicité du PQ.

« [L’émission] À la semaine prochaine n’a rien à voir là-dedans et je n’ai jamais été consulté », a-t-il protesté. « C'est sûr que je n'aime pas ça parce qu'il est possible que des gens pensent que je suis impliqué dans ce genre de campagne. Jamais je ne ferais un truc semblable, surtout pas en campagne électorale, voyons! », a-t-il déclaré au Devoir.

De l’avis de Radio-Canada, « ce rapprochement, qui n’échappera à aucun auditeur familier de l’émission À la semaine prochaine, est doublement regrettable ». 

Le diffuseur public a dit « étudie [r] les mesures à prendre dans les circonstances ».

Le PQ s’est défendu d’avoir voulu faire un pastiche de l’émission du diffuseur public. « Les quatre personnes qui ont fait l’enregistrement ne connaissaient pas l’existence de cette excellente émission de Radio-Canada. Alors en aucun cas, ils n’ont pu être tentés de l’imiter. Ils ont juste utilisé un ton humoristique », a assuré Jean-François Lisée. 

« De prétendre que les mots “À la semaine prochaine” appartiennent à Radio-Canada, ou qu’un humoriste ne peut pas les dire d’une façon qui est différente de celle qui est utilisée à l’émission, je trouve ça extraordinairement farfelu. »