Christian Dubé «très à l’aise» avec le projet du REM

François Legault a confirmé lundi matin le retour en politique de Christian Dubé.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir François Legault a confirmé lundi matin le retour en politique de Christian Dubé.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a pris les bonnes décisions dans le dossier du REM (Réseau express métropolitain), estime le nouveau candidat-vedette de la CAQ, Christian Dubé. Car en l’absence d’une demande du gouvernement pour avoir du contenu québécois, la Caisse se devait d’offrir « le projet au meilleur coût ».

« Le gouvernement pourrait ou ne pourrait pas décider qu’il y ait un contenu minimum québécois, c’est une décision du gouvernement », a expliqué M. Dubé lundi matin aux côtés de François Legault. Celui qui était jusqu’ici premier vice-président de la CDPQ a confirmé sa candidature pour la CAQ dans La Prairie.

Le gouvernement Couillard n’a rien exigé en terme de contenu, malgré un investissement de 1,3 milliard dans le projet. Et dans ces circonstances, « nous, à la Caisse, comme gestionnaire de l’État, on devait faire le projet au meilleur coût, et le meilleur projet », a fait valoir M. Dubé.

Depuis des mois, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, martèle que le dossier du REM révèle à quel point Philippe Couillard serait « un mauvais négociateur » parce qu’il n’a pas exigé un minimum de contenu québécois dans le projet.

Rappelons que c’est Alstom qui a obtenu le contrat pour les voitures, et que celles-ci seront construites en Inde. Bombardier — et son usine de La Pocatière — était sur les rangs.

« Le gouvernement n’a pas joué son rôle, a répété M. Legault lundi. Il n’a pas exigé de contenu québécois. Et la Caisse a un objectif d’optimiser le rendement. Donc ils ont fait ce qu’ils avaient à faire » de leur côté.

Avec du contenu québécois, « c’est possible que les trains auraient coûté un peu plus cher, et donc qu’il y aurait eu moins de rendement [pour la Caisse], a ajouté M. Legault. Je comprends la Caisse » d’avoir pris cette décision dans ce contexte précis.

Indépendance

En février, les libéraux avaient soutenu qu’une déclaration de M. Legault sur la nécessité de rouvrir les contrats du REM relevait du « non-respect de l’indépendance de la Caisse ». Christian Dubé a dit lundi avoir eu « de très belles discussions » avec François Legault sur la question de l’indépendance de la CDPQ. « On a un consensus », a-t-il dit.

M. Dubé a fait valoir que le mandat de la Caisse est double : « donner un bon rendement aux déposants, et faire du développement économique ». « Le défi, pour tous les gestionnaires de la Caisse, c’est de trouver l’équilibre entre les deux. À chaque fois, les gestionnaires regardent chaque dossier et disent : en dehors de toute politique, est-ce qu’on est en train de faire un investissement qui est bon pour nos déposants ? »

À ce titre, le projet du REM serait « le plus bel exemple » de l’atteinte de cet objectif, pense-t-il. Car c’est « un projet qui se fait pour des raisons de bons rendements, des rendements d’infrastructures stables pour nos déposants, mais qui crée en même temps du développement économique », soutient-il.

Questionné à savoir s’il pense personnellement qu’il aurait dû y avoir du contenu québécois minimum sur le projet du REM, Christian Dubé a fait un pas de côté. « C’est exactement là que je ne veux pas aller. Les décisions qui ont été prises à la CDP, je ne les commenterai pas. »

Plus loin, il a ajouté qu’il « supporte le fait que la CAQ a demandé du contenu québécois, je supporte ça à 100 % […]. La Caisse, avec le jeu de cartes qu’elle avait, et pour pouvoir amener ce projet-là à terme, au meilleur coût, aux meilleures conditions, a pris les meilleures décisions. Dans un autre contexte, c’aurait pu être différent et je supporte pleinement les demandes de la CAQ. »

Mandat

Christian Dubé s’est par ailleurs d’entrée de jeu « engagé solennellement » à remplir un mandat complet s’il est élu. « Je prends 100 % de la mesure qu’il est possible qu’on soit dans l’opposition. Et je me dis : il faut que les gens comprennent que mon engagement en politique va passer par quatre ans comme député de La Prairie », a-t-il dit.

C’est que M. Dubé, élu pour la CAQ en 2012 et réélu en 2014, avait quitté l’Assemblée nationale quatre mois après les élections qui ont porté Philippe Couillard au pouvoir. Le président de la CDPQ, Michael Sabia, lui avait alors offert le poste de premier vice-président Québec de la Caisse.

« Moi j’aime ça l’action, a-t-il dit lundi. C’est sûr qu’on avait un travail à faire dans l’opposition, j’ai écrit beaucoup sur les finances publiques, des centaines de blogues, mais j’avais besoin de passer à l’action. »

M. Dubé avait renoncé à son allocation de départ. Mais sa démission avait forcé la tenue d’une élection partielle.

François Legault s’est dit « vraiment très fier » d’annoncer le retour de M. Dubé dans les rangs caquistes. « C’est un candidat de grande valeur […]. Quand il est allé à la CDPQ, c’était pour servir le Québec. Aujourd’hui il revient pour servir le Québec. »

Christian Dubé remplace donc au pied levé Stéphane Le Bouyonnec, qui a renoncé la semaine dernière à sa candidature dans La Prairie. M. Le Bouyonnec, qui était aussi président de la CAQ, s’est retiré pour éviter que le CAQ ne paie le prix de ses activités professionnelles : en juin, il avait été révélé que M. Le Bouyonnec présidait le conseil d’administration d’une compagnie reconnue pour ses prêts consentis à des taux usuraires.