Internet pour tous, promet la CAQ (ainsi que les autres)

<p>La CAQ calcule qu’il en coûtera 400 millions sur quatre ans pour finir de brancher le Québec.</p>
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

La CAQ calcule qu’il en coûtera 400 millions sur quatre ans pour finir de brancher le Québec.

Assiste-t-on à la dernière campagne électorale dans un Québec qui n’est pas totalement branché ? La CAQ promet que oui et s’engage à offrir d’ici 2022, partout au Québec, un accès Internet haute vitesse, de même qu’une couverture cellulaire large bande.

« C’est une aberration que ce ne soit pas disponible en 2018 », estime M. Legault. Quelque 240 000 foyers au Québec (environ 7% des ménages) n’ont pas accès à un service haute vitesse, calcule la CAQ. 

Or, voilà un service essentiel, établissait le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à la fin 2016.

Un gouvernement Legault investirait 400 millions sur quatre ans pour finir de brancher le Québec. Cette somme s’ajouterait aux 400 millions déjà prévus par le gouvernement Couillard dans le cadre du programme Québec branché. 

Un programme fédéral — Branché pour innover — offre lui aussi des fonds. Le dernier budget Morneau prévoyait d’ailleurs 500 millions sur cinq ans pour améliorer l'accès à Internet haute vitesse à l'échelle du pays.

La proposition de la CAQ n’est pas nouvelle — la formation en parle depuis 2016 —, et la nécessité d’amener la haute vitesse partout fait consensus dans les partis politiques. Si les engagements précis des autres partis seront dévoilés dans les prochains, tous visent le même objectif sur un horizon semblable.

François Legault estime quant à lui que son plan permettra non seulement d’aller réellement partout (jusqu’aux communautés autochtones du Grand Nord, a-t-il promis), mais aussi de maintenir de plus bas tarifs. M. Legault accuse les libéraux d’avoir oublié de petites communautés dans ses plans, et aussi de « marcher à basse vitesse ».

Selon le plan Legault, l’argent offert par Québec et Ottawa servirait à financer « environ » les deux tiers de chaque projet. « On amène le tuyau principal », a-t-il imagé. À partir de là, ce serait généralement aux entreprises privées — ou à des MRC comme c’est le cas dans certaines régions — d’assurer le reste. 

« Je comprends que certaines entreprises privées ne peuvent pas rentabiliser l’investissement [dans certaines régions], a dit M. Legault. Mais avec [l’argent] du fédéral et les 400 millions [annoncés vendredi], ce sera possible pour eux partout de rendre ça rentable.»

Mais il y aura deux conditions sine qua non, promet-il: « toute la population [devra être] couverte », et les appels d’offres préciseront que le fournisseur devra proposer « un tarif qui n’excède pas le tarif payé en ville ». « Les libéraux ont parfois donné des contrats qui étaient très avantageux à des entreprises privées », justifie-t-il. 

En novembre 2017, le gouvernement du Québec annonçait que 80 projets avaient été retenus dans 14 régions pour brancher quelque 97 000 foyers. Pour financer ces projets, Québec fournissait 105,9 millions. La mise à jour économique de novembre 2017 prévoyait aussi une bonification de 300 millions pour la deuxième phase.

La CAQ demandera des projets proposant une vitesse de téléchargement de 100 mégabits par seconde (le double de ce que le CRTC considère comme le seuil de la haute vitesse).