«Silence radio» après le rapport de Trudeau aux premiers ministres provinciaux

Le premier ministre, Philippe Couillard, refuse de dire que le système de gestion de l’offre sortira indemne du blitz de négociations entre le Canada et les États-Unis.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre, Philippe Couillard, refuse de dire que le système de gestion de l’offre sortira indemne du blitz de négociations entre le Canada et les États-Unis.

Le premier ministre, Philippe Couillard, refuse de dire que le système de gestion de l’offre sortira indemne du blitz de négociations entre le Canada et les États-Unis en vue d’un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

« Si vous aviez quelqu’un qui ferait ce genre de commentaire devant vous au moment où on est, vous auriez quelqu’un d’irresponsable devant vous », a-t-il déclaré dans la foulée d’une téléconférence avec ses homologues fédéral et provinciaux jeudi après-midi.

Le chef du gouvernement fédéral, Justin Trudeau, a fait rapport des pourparlers à la table des négociations. Les participants à la téléconférence se sont engagés à ne dire mot des informations qu’il a dévoilées. C’est « silence radio », a insisté M. Couillard, dans un impromptu de presse à Lac-Mégantic.

Vous semblez nerveux, lui a dit un journaliste. « Ça va bien. Ne vous en faites pas, Monsieur », lui a-t-il répondu, tout en lui serrant le bras. Êtes-vous encouragé ou découragé après cet entretien téléphonique ? lui a demandé une autre reporter. « Les choses vont bien », a-t-il dit, après une légère hésitation.

Philippe Couillard a évoqué mercredi des « conséquences politiques sérieuses » à toute concession du Canada aux États-Unis sur la gestion de l’offre, et ce, même si celle-ci permettait de boucler une nouvelle entente de libre-échange.

« Je n’ai eu aucun signal de M. Trudeau [(…) à savoir] qu’il s’apprêtait à faire un compromis sur la gestion de l’offre », répétait-il mercredi. Est-ce toujours le cas ? « M. Trudeau ne m’a jamais indiqué qu’il était prêt à abandonner la gestion de l’offre », a-t-il affirmé jeudi après-midi.

À un mois des élections générales, M. Couillard a promis de « défendre la gestion de l'offre jusqu'au bout ». Il promet de s’opposer à tout accord de principe entre Ottawa et Washington qui ne recueillerait pas l’assentiment des Producteurs de lait du Québec. « Je serai aux côtés des producteurs laitiers. »
 

Philippe Couillard participera à une conférence de presse de l'Union des producteurs agricoles (UPA) vendredi. Il se joindra au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, à la caquiste Sylvie D’Amours ainsi qu'à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.