Les chefs réagissent au coup de sonde

François Legault tire contentement de la position en tête de la CAQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault tire contentement de la position en tête de la CAQ.

François Legault se dit ravi de se retrouver en tête des intentions de vote. Philippe Couillard se réjouit de l’appui massif des jeunes à son parti. Jean-François Lisée s'étonne de la volatilité du jeune électorat. Manon Massé minimise l’importance d’« un petit sondage » signalant le recul de l’attrait de sa formation en ce début de campagne.

Les chefs des quatre principales formations en bataille électorale pour former le prochain gouvernement ont réagi aux données du sondage Léger-Le Devoir-Montreal Gazette publié ce mercredi matin.

L’enquête réalisée entre le 24 et le 28 août donne le portrait suivant des intentions de vote, après répartition des indécis : 37 % à la Coalition avenir Québec, 32 % au Parti libéral du Québec, 19 % au Parti québécois et 8 % à Québec solidaire.

Les chefs interpellés dans le cadre de leurs tournées quotidiennes ont naturellement choisi différentes lectures des résultats.

Le chef libéral Philippe Couillard tire fierté du fait que son parti ait la grosse cote auprès des jeunes de 18 à 38 ans qui forment le tiers du contingent des électeurs du 1er octobre. Le PLQ attire 35 % des intentions de vote dans cette tranche d’âge. La CAQ suit avec 26 %.

Le sondage ne montre ni plus ni moins qu’« un tournant historique dans le paysage historique du Québec, estime M. Couillard. À tous les grands moments de changement du Québec, la jeunesse s’est ralliée au Parti libéral du Québec parce qu’elle trouvait que c’était le meilleur véhicule pour accompagner et réaliser le changement » suscité, par exemple, par le réchauffement climatique ou l’intelligence artificielle, fait-il valoir.

M. Couillard se dit tout particulièrement fier d’avoir réservé une place sur les conseils d’administration des sociétés d’État à une personne âgée de moins de 35 ans. « On avait coutume de dire aux jeunes : "vous êtes les leaders de demain". Les jeunes sont les leaders d’aujourd’hui ! On place des jeunes dans les conseils d’administration des [sociétés d’État]. Les jeunes [vont] avoir de l’impact maintenant dans les organisations où ils, elles se trouvent. »

Le chef péquiste Jean François Lisée s'est lui aussi attardé au vote des jeunes.

« La volatilité [du vote] du groupe des 18-24 ans, elle est étonnante. […] C’est la discussion au moment de la campagne électorale qui va cristalliser leur décision. Je l’ai vécu en 1995. Au début de l’année 1995, les jeunes ne semblaient pas être avec le Oui; au moment du vote, ils étaient massivement pour le Oui. »

« Ça ne m’inquiète pas », a-t-il répété, tout en affirmant que le PQ est le parti avec « le plus de jeunes comme militants ».

Il a également ramené sur la table la crise étudiante de 2012: « À l'époque, le PLQ — avec l’appui de la CAQ — voulait augmenter de 82 % les droits de scolarité. Le PQ était du côté des jeunes et il a été élu avec la promesse [...] d’indexer les droits de scolarité. Et nous avons tenu parole. »

Un petit sondage du mercredi…

François Legault tire contentement de la position en tête de la CAQ. La projection à partir des résultats accorde à sa formation une courte majorité avec 68 sièges, contre 43 aux libéraux, 10 aux péquistes et 4 aux solidaires. L’Assemblée nationale compte 125 députés.

« Ça fait toujours plaisir de voir qu’on est premiers dans les sondages, mais la pire erreur serait de tenir ça pour acquis », dit le chef de la Coalition.

Les données montrent d’ailleurs à quel point la course demeure encore serrée, des changements de quelques parts électorales pouvant modifier profondément les résultats définitifs. Le sondage révèle aussi qu’une majorité de Québécois (52 %) croit que le prochain gouvernement sera minoritaire.

Manon Massé, elle, atténue l’importance de l’exercice au complet. « C’est un sondage, dit-elle. Un parmi d’autres. Un autre qui ne dit pas la même chose. […] C’est un petit sondage du mercredi matin. Qu’est-ce que ça va être cet après-midi, qu’est-ce que ça va être demain ? On ne le sait pas. »

Son parti semble affaibli par le portrait de groupe avec électeurs. Québec solidaire perd deux points, soit le cinquième de ses appuis par rapport au précédent coup de sonde de Léger, le 18 août.

« Québec solidaire, grâce au travail sur le terrain, grâce à la force de notre mouvement et de la qualité de nos candidats et candidates, c’est clair que c’est le premier octobre que le peuple va décider et on va laisser le peuple décider », dit encore Mme Massé.

Avec Améli Pineda, Guillaume Bourgault-Côté, Marco Bélair-Cirino et Isabelle Porter