L’«escouade» économique de la CAQ

François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne François Legault

Les libéraux avaient leur trio économique en 2014. La Coalition avenir Québec (CAQ) propose pour sa part cette année une « escouade » — brochette de… 36 candidats, tous placés sur un pied d’égalité en fait d’importance. Parmi eux : l’économiste Youri Chassin.

Le nom de M. Chassin — dont les positions très à droite sur le plan économique ont souvent fait jaser, notamment pour ses doutes exprimés sur l’existence du bien commun — n’apparaît pas dans le communiqué de presse publié mercredi par la CAQ. Seuls six candidats (trois hommes et trois femmes) sont identifiés, et ils accompagnaient M. Legault en Beauce pour la présentation.

Nulle trace non plus, dans le texte, du député François Bonnardel, pourtant critique en matière de Finances à la CAQ. Même absence, mais évidente, de Stéphane Le Bouyonnec. Celui qui a démissionné mardi de son poste de président du parti tout en abandonnant sa candidature aux élections a auparavant toujours été présenté comme un membre important de l’équipe économique de la CAQ.

Or, il ne faut pas interpréter ces absences comme une preuve de désaveu quelconque ou de volonté de cacher qui que ce soit, a plaidé François Legault.

Le chef de la CAQ a pris le temps de lire en point de presse la liste des 35 candidats qui ont « une expérience d’entrepreneuriat, de gestion d’entreprises ou de développement économique ». La CAQ a ajouté un 36e nom après la conférence de presse. Ils représentent 29 % des 124 candidats confirmés de la CAQ.

Il n’y a donc pas d’équipe A ou B économique, a-t-il soutenu. « Pas du tout. On ne peut pas en amener 35 ici, mais les autres sont aussi importants. […] Les six ne sont pas plus importants que les autres. »

M. Legault a assuré que Stéphane Le Bouyonnec aurait été membre de cette équipe économique élargie.

Concernant Youri Chassin — au sujet duquel le chef avait pris la peine de dire mardi que ses compétences étaient davantage dans la « théorie » que dans le concret des choses —, M. Legault a soutenu que les deux sont « sur la même longueur d’onde ». « C’est un économiste réputé [à l’Institut économique de Montréal], un gars brillant, je suis choyé de l’avoir dans mon équipe. »

« Je me suis bien assuré avec Youri, avant de l’accepter comme candidat, que, sur les dossiers importants sur lesquels on va travailler, on est exactement sur la même longueur d’onde », a-t-il ajouté.

Sur trois enjeux précis — la gestion de l’offre, le nationalisme économique et le rôle du privé en santé —, M. Chassin aurait ainsi changé d’avis pour rejoindre les positions de la CAQ, a dit M. Legault. Il a changé « certaines opinions, une minorité, a défendu le chef caquiste. Il était déjà d’accord avec 90 % de nos positions. »

Pour ce qui est des six personnes de l’escouade mises en avant mercredi, on compte :

 
  • MarieChantal Chassé, p.-d.g. d’une entreprise du secteur aéronautique ;
  • Pierre Fitzgibbon, diplômé de la Harvard Business School, associé directeur chez Walter Capital Partners dans les dernières années ;
  • Nadine Girault, spécialiste du « changement dans les organisations », qui a travaillé dans des institutions financières ;
  • Gilles Bélanger, ingénieur et homme d’affaires connu à Magog ;
  • Éric Girard, ancien trésorier et vice-président de la Banque Nationale. Celui-ci s’était présenté pour les conservateurs fédéraux en 2015 dans Lac-Saint-Louis ;
  • Joëlle Boutin, une stratège marketing spécialisée en réseaux sociaux, notamment cofondatrice d’une entreprise qui fabrique des ensembles de literie.
 

M. Legault met constamment en avant sa volonté d’être un « premier ministre économique ». Mardi, dans un centre commercial de Québec, il demandait à des citoyens qui ils croyaient le mieux placé entre un « médecin [Philippe Couillard] ou un entrepreneur [comme lui] pour gérer le Québec ».

Entrepreneurs

Le chef du parti a aussi dévoilé des engagements pour mieux soutenir l’entrepreneuriat — un thème qu’il martèle depuis les débuts de la CAQ, et qui s’ancre dans son parcours personnel. La CAQ consacrerait 4 millions pour trois mesures :

 
  • un programme de bourses à l’École d’entrepreneurship de Beauce (des prêts d’honneur, valeur de 1 million) ;
  • du soutien au réseau de l’École des entrepreneurs du Québec (financement de quatre écoles supplémentaires, qui s’ajouteraient à trois établissements déjà financés, valeur de trois millions) ;
  • l’ajout d’un volet d’initiation à l’entrepreneuriat au cours d’éducation financière qui est offert en cinquième secondaire (cette mesure ne coûtera rien, dans la mesure où le programme est déjà en place).