Une hausse salariale pour les profs, mais à quel prix?

Lors de la rentrée scolaire de lundi, la CSDM indiquait qu’une cinquantaine de postes d’enseignants étaient toujours à pourvoir.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors de la rentrée scolaire de lundi, la CSDM indiquait qu’une cinquantaine de postes d’enseignants étaient toujours à pourvoir.

Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec promettent tous deux de tirer vers le haut le salaire des nouveaux enseignants en abolissant les six premiers échelons salariaux de leur échelle de traitement.

Ils ne s’entendent toutefois pas sur le coût de cette même promesse, qui porterait le salaire d’entrée des enseignants à quelque 53 000 $: 60 millions selon le PLQ ; 40 millions selon la CAQ.

Le parti politique de François Legault a proposé, il y a trois mois, de raccourcir l’échelle de traitement des enseignants en y retranchant les six premiers échelons. Après avoir accompli une formation universitaire de quatre ans, un nouvel enseignant gagnerait du coup 53 134 $ plutôt que 44 985 $, selon l’échelle de traitement en vigueur.

Le PLQ a plagié la proposition de la Coalition avenir Québec. « Vous avez raison, sur le plan de la rémunération, les mesures sont pratiquement les mêmes », a dit sans détour le chef libéral, Philippe Couillard, dans la cour de l’école La Croisée 1, à Rivière-du-Loup, mercredi.

Selon les projections du PLQ, la hausse salariale entrerait en vigueur en 2021-2022, soit au lendemain de la négociation des prochaines conventions collectives. Celles-ci sont en vigueur jusqu’au 31 mars 2020.

53 000
C’est le salaire annuel d’entrée des enseignants que promettent à la fois le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec. Le PLQ promet d’abolir les six premiers échelons salariaux de l’échelle de traitement en vigueur, une mesure calquée sur celle de la CAQ. Les deux partis avancent toutefois des coûts différents pour y parvenir.

La CAQ indiquait pour sa part mercredi que ses calculs ont été réalisés selon les chiffres disponibles en mai dernier.

« Collectivement, nous devons valoriser l’éducation et, par le fait même, la profession des enseignantes et enseignants », a plaidé M. Couillard au terme d’un premier mandat marqué par un climat d’affrontement entre les enseignants et le gouvernement.

Ne faisant ni une ni deux, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a dénoncé une « tactique électoraliste et clientéliste ». « Les professeurs ne vivent pas au pays des Calinours et se souviennent encore du mépris affiché par le gouvernement libéral lors de la dernière ronde de négociations », a déclaré le président, Sylvain Mallette. « Le vote des professeurs n’est pas à vendre ! »

Examen de français
Le PLQ compte aussi « réviser et rehausser la formation initiale » des étudiants au baccalauréat en enseignement, a indiqué M. Couillard. Il remplacera le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) par un « examen national de maîtrise du français ». « Il faut qu’il soit valide, et pour être valide, il faut qu’il soit exigeant, mais surtout, il faut qu’il soit uniforme », a indiqué le chef libéral.

La création d’un ordre professionnel des enseignants ne figure toutefois pas dans le programme du PLQ. La formation politique s’engage plutôt à mettre sur pied un institut national d’excellence en éducation pour « mieux développer, partager et diffuser les meilleures pratiques pédagogiques et les résultats issus de la recherche ».


Avec Guillaume Bourgault-Côté