Les CPE s’invitent dans la campagne électorale

«Ce n’est pas toujours optimal, mais il ne faudrait pas oublier que, malgré ses maigres ressources, notre réseau fait bien souvent des miracles», affirme la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir «Ce n’est pas toujours optimal, mais il ne faudrait pas oublier que, malgré ses maigres ressources, notre réseau fait bien souvent des miracles», affirme la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle.

Les baisses de services dédiés aux enfants à besoin particulier dans certains centres de la petite enfance, dont faisait état Le Devoir mardi, ont pris une tournure politique en ce sixième jour de campagne électorale.

Dispersés aux quatre coins de la province, les chefs et porte-paroles des trois principaux partis d’opposition ont ainsi, tour à tour, déploré que des fonds dédiés aux enfants dans le besoin soient utilisés à d’autres fins. Ils n’ont toutefois pas manqué de rappeler la difficile et contraignante réalité financière avec laquelle les CPE doivent composer au quotidien.

« Ces cas illustrent les conséquences des mesures d’austérité du gouvernement Couillard, a soutenu le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, qui était de passage à Cowansville dans une entreprise d’économie sociale qui emploi des jeunes à besoins particuliers. C’est la démonstration que lorsqu’on coupe comme on l’a fait dans les dernières années, et bien les directions d’établissement ou de CPE doivent faire des choix difficiles. »

Le candidat solidaire dans la circonscription montréalaise de Gouin s’est toutefois refusé à faire porter le blâme uniquement aux CPE. « On aimerait que les budgets soient utilisés de la manière dont c’est prévu qu’ils soient utilisés, mais en même temps j’ai de la difficulté à jeter la pierre seulement aux CPE. On s’entend que s’ils sont rendus-là, c’est parce qu’en haut de l’échelle on fait des choix budgétaires qui contraignent les établissements à faire des choix difficiles comme ceux-là », a-t-il mentionné.

Un avis que partage son vis-à-vis péquiste. « Les CPE ont été obligés de rogner un peu partout dans leur budget parce qu’ils se sont fait couper un peu plus de 100 millions de dollars, a précisé, pour sa part, Jean-François Lisée. Moi, je sais qu’il y a des repas qui sont moins bons qu’avant, de l’encadrement qui est moins bon qu’avant : ils trouvent des façons de survivre malgré les compressions libérales. » Il a toutefois souligné qu’un contrôle de qualité est nécessaire pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise.

En point de presse à Québec, François Legault de la Coalition avenir Québec a, de son côté, dit qu’il « n’aime pas entendre que ces fonds sont détournés pour l’ensemble des enfants. Il faut qu’on s’en occupe [des enfants qui ont des besoins particuliers] le plus tôt possible ». Il a ajouté, qu’à son sens, « l’implantation de la prématernelle 4 ans pour tous […] permettrait d’alléger la pression sur les CPE ».

Interpellé sur la question, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, n’a, pour sa part, fait aucun commentaire.

Miracles quotidiens

De son côté, la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle, a tenu à se faire rassurante. « C’est la première fois que nous rencontrons une telle situation, a-t-elle précisé en entrevue avec Le Devoir. Mais il faut comprendre que tous nos membres vivent des situations particulières qui leur sont propres. On sait qu’il peut y avoir des défis. »

Elle rappelle toutefois sur le fait que les moyens dont disposent ces milieux de garde demeurent limités. « Ce n’est pas toujours optimal, mais il ne faudrait pas oublier que, malgré ses maigres ressources, notre réseau fait bien souvent des miracles. »