ALENA: Lisée invite les partis à faire front commun

Le leader du Parti québécois estime qu’il y a «deux zones de danger» dans les négociations actuelles autour de l'ALENA; il craint l’abandon des quotas de lait et de l’exception culturelle.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le leader du Parti québécois estime qu’il y a «deux zones de danger» dans les négociations actuelles autour de l'ALENA; il craint l’abandon des quotas de lait et de l’exception culturelle.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a tendu mardi la main à ses adversaires politiques — non sans leur reprocher de venir de se trouver « une colonne vertébrale » — afin qu’ils signent une déclaration commune pour protéger les intérêts québécois dans les discussions sur l’ALENA.

Au Musée national des beaux-arts du Québec, il s’est présenté devant la presse pour annoncer son intention de transmettre « sous peu » une proposition de texte qui servirait de « puissant » message à envoyer à Ottawa et à Washington.

« Il faut rétablir le rapport de force du Québec dans cette situation cruciale », a-t-il plaidé lors de cette déclaration surprise. « Alors j’invite M. Couillard, M. Legault et Mme Massé à travailler sur une déclaration commune, à réaffirmer que l’Assemblée nationale ne ratifiera aucun projet d’accord qui ferait reculer la culture ou l’agriculture au Québec avec un libellé qui ne permet aucune échappatoire. »

Le leader du Parti québécois estime qu’il y a « deux zones de danger » dans les négociations actuelles ; il craint l’abandon des quotas de lait et de l’exception culturelle.

« Nous sommes dans une situation de grand danger. Tout le monde nous dit des choses rassurantes, jusqu’à la dernière minute, où le Canada lâche le Québec », a-t-il lancé. À son avis, l’industrie laitière québécoise sort perdante des accords de libre-échange de l’Union européenne et de partenariat transpacifique. « Et pourquoi ça a été possible ? Parce qu’il y a un maillon faible dans la chaîne de négociation et ce maillon, il est représenté d’abord par Philippe Couillard », a-t-il déclaré.

Des accords européen et transpacifique, le Canada a obtenu un meilleur accès pour le boeuf de l’Ouest et le porc québécois, aux dépens d’une hausse des quotas d’importations étrangères de fromage et de produits laitiers.

Lisée se dit optimiste

Jean-François Lisée a dit évaluer à « 8 sur 10 » la possibilité que ses adversaires acceptent sa proposition. « Je propose que les quatre chefs tiennent une conférence de presse commune pour rendre public ce texte. C’est le message le plus puissant qu’on puisse envoyer à Ottawa et à Washington », a-t-il affirmé, en faisant l’apologie d’un moment de « transpartisanerie ».

« Il faut écrire un texte pour montrer qu’on a tous une colonne vertébrale. Il y en a qui en ont depuis longtemps — le Parti québécois —, et il y en a qui viennent d’en trouver une : le Parti libéral et la Coalition avenir Québec », a-t-il ajouté.

Le chef péquiste a par ailleurs rappelé que « l’ALENA ne peut pas s’appliquer au Canada si l’Assemblée nationale refuse de le ratifier ». « Donc, nous avons une puissance réelle, qui est constamment sous-estimée », a-t-il déploré.