Québec solidaire veut interdire les véhicules à essence dès 2030

Le parti de gauche a présenté mardi matin son plan d'investissement en transport collectif. 
Photo: Améli Pineda Le Devoir Le parti de gauche a présenté mardi matin son plan d'investissement en transport collectif. 

Québec solidaire a confirmé mardi qu’il entend interdire les véhicules à essence dès 2030 s’il est porté au pouvoir, un engagement critiqué par ses adversaires politiques qui accusent la formation d’être « radicale » et de « punir les automobilistes ».

« Oui, ça peut paraître radical […], mais du moment où tu dis à l’industrie : « Go, gang, c’est ça qu’on veut », les concessionnaires vont comprendre qu’il y a avantage à avoir plus d’offres de véhicules électriques », a fait valoir la candidate solidaire au poste de première ministre Manon Massé, qui a avoué devoir faire sa première tournée du Québec dans une caravane à essence.

« Il n’est actuellement pas possible de faire une tournée dans un autobus hybride ou électrique, mais soyez assurés que nous allons y voir aussi », a-t-elle dit.

QS compare son projet de transition vers un parc automobile 100 % électrique aux étapes d’un fumeur qui veut abandonner la cigarette. Ainsi, la première étape sera d’obliger les concessionnaires à vendre uniquement des véhicules hybrides ou électriques d’ici 2030. En 2040, ils ne seront autorisés qu’à vendre des véhicules électriques, pour finalement, en 2050, interdire complètement la circulation de véhicules à essence.

La formation politique souhaite également bonifier l’incitatif actuel de 8000 $ pour l’achat d’une automobile électrique avec un système de « bonus-malus », qui sera « taillé sur mesure » sur la réalité des familles québécoises. Il tiendra compte du revenu de l’automobiliste, de son lieu de résidence ainsi que du modèle de voiture choisi.

Le montant d’une telle mesure n’a toutefois pas été dévoilé. QS a indiqué qu’elle mise sur le fonds vert et entend mettre à contribution Hydro-Québec pour l’installation des bornes de recharge.

Sitôt présenté, l’ambitieux plan de QS a été critiqué par les chefs des autres partis.

Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, a accusé QS de partir en guerre contre propriétaires de véhicules à essence et de vouloir les « punir ».

« Je partage l’objectif d’électrifier les transports […] Mais, on ne punira pas les automobilistes qui ne prennent pas les décisions qu’on souhaite. Je ne suis pas en guerre contre les automobilistes. J’ai plutôt l’intention de les convaincre que l’acquisition d’un véhicule électrique est le meilleur choix parce que les prix vont baisser », a déclaré M. Couillard, en marge d’une annonce à Yamachiche, mardi.

Le chef du Parti québécois quant à lui a qualifié de « radicale » la proposition de QS.

« L’objectif est noble, le moyen, un petit peu raide », a commenté Jean-François Lisée, soulignant qu’actuellement le choix de voitures électriques est limité.

« De brandir la menace, maintenant, d’une interdiction, d’une amende ou d’une surtaxe alors que ce n’est pas disponible, franchement, je pense que ça nuit au débat », a-t-il ajouté.

Améliorer le transport en commun

QS, qui présentait mardi son plan de transition économique, a également réitéré son engagement de favoriser l’utilisation du transport collectif en réduisant de 50 % les tarifs du transport en commun partout dans la province. Une mesure qui coûtera environ 426 millions par année, estime la formation politique.

Par ailleurs, QS veut investir 7,6 milliards supplémentaires dans les infrastructures. Mme Massé a indiqué que, comme « tous les gouvernements, QS va emprunter l’argent nécessaire pour faire face aux défis du XXIe siècle ».