Les accusations de sexisme à son endroit relèvent de la «job sale», dit Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et les candidats locaux, Isabelle Charest, à gauche, et Geneviève Hébert se dirigeant vers l'autobus de campagne lors d'un arrêt de campagne à Bromont, au Québec, le lundi 27 août 2018
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et les candidats locaux, Isabelle Charest, à gauche, et Geneviève Hébert se dirigeant vers l'autobus de campagne lors d'un arrêt de campagne à Bromont, au Québec, le lundi 27 août 2018

Les accusations de « sexisme » lancées par les candidates libérales Marwah Rizqy et Christine St-Pierre relèvent de la « job sale », estime François Legault, qui a demandé lundi à Philippe Couillard d’intervenir. Jean-François Lisée le soutient sur ce point, alors que le chef libéral n’a pas l’intention de rappeler qui que ce soit à l’ordre.

« Si j’avais une candidate qui a dit ce que Christine St-Pierre a dit [dimanche], elle aurait reçu un coup de téléphone de ma part pour dire : “mettez-en pas plus que le client en demande” », a lancé le chef de la Coalition avenir Québec. « On ne peut pas attaquer des gens sur le sexisme basé sur des faits comme ceux-là, c’est ridicule. »

La veille, la fiscaliste Marwah Rizqy (qui se présente dans Saint-Laurent) a soutenu que « les propos et les actions sexistes de M. Legault [doivent être dénoncés], car on ne peut pas simplement étaler sur la place publique les conversations privées d’une femme gestionnaire d’hôpital. »

Mme Rizqy faisait référence à la polémique entourant l’entrée en politique de la candidate vedette libérale Gertrude Bourdon. La CAQ a divulgué aux médias cette fin de semaine le contenu de messages texte échangés entre Mme Bourdon et le chef de cabinet de François Legault — cela pour prouver qu’elle a réellement songé à se joindre à la CAQ. M. Legault a justifié cette décision en disant que c’était « exceptionnel », mais que la situation le commandait.

Le dossier Bourdon, celui du rejet de la ligne rose de la mairesse Plante, puis la divulgation d’une autre conversation privée (avec l’ex-première ministre de l’Ontario) témoigneraient selon Mme Rizqy et Mme St-Pierre d’un « féminisme de façade » de François Legault. Pourquoi ? Parce que ce sont des femmes qui sont impliquées.

« Ça me rappelle tristement les politiques de notre voisin du sud Donald Trump », a déclaré Mme Rizqy. Celle-ci en a rajouté lundi sur Twitter en voyant dans deux autres dossiers — un imbroglio sur la participation de la candidate caquiste Marguerite Blais à un débat local, et l’annonce du projet d’allocation famille de la CAQ — une nouvelle preuve de ce « féminisme de façade de la CAQ ».

« Est-ce que M. Couillard a placé un appel ?, a répondu M. Legault lundi. Ou encore pire, est-ce lui qui a demandé à Christine St-Pierre de faire cette sortie-là ? Est-ce qu’il se promène comme un homme pur [en disant vouloir mener une campagne positive], mais il envoie d’autres personnes faire la job sale ? », a demandé le chef caquiste.

« Les libéraux sont en panique, pense M. Legault. Ce n’est pas la première fois [qu’ils essaient] de me démoniser. Je crois que les Québécois sont plus intelligents que ça. […] Je ne me laisserai pas distraire. Il y a des campagnes de peur depuis des mois par le PLQ. La seule affaire qui me surprend, c’est que Couillard laisse faire des sorties comme ça. »

Libres de parler

Pour sa part, si Philippe Couillard a refusé lundi de qualifier de « sexistes » certaines décisions de François Legault, il n’a pas pour autant rappelé ses candidates à l'ordre.

« Moi, je crois que, quand les femmes ressentent ça — surtout les femmes qui ont déjà été ministres de la Condition féminine par exemple, et une jeune femme qui est une professionnelle engagée — si elles ressentent ça, je pense qu’elles ont la liberté de le dire », a-t-il déclaré en marge d’une annonce lundi matin.

« Elles ont ressenti quelque chose, ces femmes-là », a-t-il soutenu.

Appui de Lisée

Sur ce dossier, Jean-François Lisée s’est quant à lui porté à la défense de son ancien collègue péquiste. « Les libéraux ont décidé que c’était le temps d’envoyer une tonne de briques sur François Legault, a-t-il commenté lundi. Et ils l’ont comparé à Donald Trump […], quelqu’un qui est accusé en ce moment d’agression sexuelle par 19 femmes aux États-Unis, quelqu’un dont on sait qu’il tient des propos misogynes envers les femmes. »

« C’est odieux. Et je pense que Philippe Couillard devrait aujourd’hui désavouer sa ministre et sa candidate vedette et dire que ce n’est pas comme ça qu’on va mener la campagne électorale. »

Cynisme

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé juge de son côté « particulier que Philippe Couillard utilise ses candidates pour lancer ce type d’accusation », se refusant à « juger du sexisme de François Legault ». Selon Mme Massé, « une chose est certaine : dans le dossier du dévoilement des textos, à la fois la CAQ et le PLQ ont manqué d’éthique ». Elle est d’avis aussi que les tergiversations de Gertrude Bourdon « incitent au cynisme et seront probablement durement jugées par la population de Jean-Lesage ».