François Legault se tient loin du mot nataliste

La CAQ souhaite remplacer le crédit d’impôt remboursable actuel par un nouveau programme jugé «plus généreux, plus équitable et plus simple».
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La CAQ souhaite remplacer le crédit d’impôt remboursable actuel par un nouveau programme jugé «plus généreux, plus équitable et plus simple».

François Legault a bien pris soin de ne pas présenter son projet d’« allocation famille » comme étant une politique nataliste lundi. Le seul objectif de cet engagement de la Coalition avenir Québec serait ainsi « d’aider les familles » financièrement, a soutenu le chef du parti.

« Si ça a des impacts dans le choix des familles d’avoir plus d’enfants, tant mieux, a indiqué M. Legault lors d’un passage à Bromont. Mais le but recherché est d’aider les familles. Je ne vois pas pourquoi on placerait une famille dans une situation plus difficile parce qu’elle a choisi d’avoir un deuxième ou un troisième enfant. […] Il y a un illogisme. »

La CAQ souhaite essentiellement remplacer le crédit d’impôt remboursable actuel par un nouveau programme jugé « plus généreux, plus équitable et plus simple ». « Les allocations maximales et minimales que reçoivent les parents seront rehaussées au même niveau pour tous les enfants, peu importe leur rang, comme c’était le cas avant 2005 », promet-on.

C’est-à-dire ? Le programme actuel verse un maximum de 2430 $ pour un premier enfant, puis de 1214 $ pour les deuxième et troisième enfants. L’allocation caquiste offrirait pour sa part 2430 $ pour chaque enfant. Pour une famille de trois enfants où les parents gagnent 80 000 $, le tout représenterait près de 2500 $ supplémentaires en soutien annuel.

Le programme serait implanté sur une période de quatre ans, et coûterait à terme 763 millions à l’État. « Ce qu’on veut, c’est de s’assurer que les familles soient capables de donner tous les services qu’elles souhaitent donner aux enfants », a mentionné François Legault.

« Bébé-bonus » ?

Quand M. Legault a évoqué pour la première fois cette idée de « mettre plus d’argent dans le portefeuille des parents qui veulent un deuxième ou un troisième enfant », en novembre 2017, ses adversaires politiques ont vite associé la mesure au programme des « bébés-bonus » de la fin des années 1980.

« Un bébé-bonus, c’est donné à la naissance, a rétorqué M. Legault lundi. [L’allocation], c’est tous les trois mois jusqu’à 17 ans. »

À l’automne, le premier ministre Couillard s’était demandé si « les curés de la CAQ vont faire la visite paroissiale » pour vérifier si les femmes ont « un enfant en chemin ». Lundi, le chef libéral a plutôt dit qu’il ne « favorise pas l’idée de récompenser financièrement les femmes d’avoir des enfants. Je pense que le message qu’on leur envoie est ambigu. »

Quant à Jean-François Lisée (Parti québécois), il soutient l’esprit de la proposition, mais doute de son réalisme financier. « Qu’on augmente [l’aide] au 2e et au 3e enfant, je n’ai pas de problème avec ça. J’ai cinq enfants et je l’aurais pris avec plaisir. Maintenant, est-ce qu’on a les moyens de faire ça ? C’est plus de 700 millions par année que M. Legault annonce, en plus des 700 millions par année de baisse de taxe scolaire. Ça commence à faire plusieurs 700 millions. »

M. Lisée pense que « la priorité absolue, c’est qu’avec les enfants qu’on a, on ait de la qualité dans les services de garde, et investir dans les écoles pour qu’ils soient bien soutenus ».

Avec Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui