Legault passe à l’attaque avec son projet de prématernelle

François Legault a promis de revenir demain à la «campagne positive» qu’il avait promise.
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne François Legault a promis de revenir demain à la «campagne positive» qu’il avait promise.

Après un début de campagne plutôt tranquille, François Legault est passé pour la première fois à l’attaque dimanche après-midi. La raison ? Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) n’en « revient pas » de la réception qu’ont fait les péquistes et les libéraux à son projet de prématernelle 4 ans.

« J’en reviens pas ! a-t-il explosé en point de presse dans un marché de fruits et légumes de Laval. C’est comme si le Parti québécois et le Parti libéral ne comprenaient pas qu’on a le devoir d’offrir les meilleurs services à nos enfants. […] Je ne comprends pas qu’ils veulent les priver de meilleurs services. »

M. Legault a poursuivi sur ce ton pendant plusieurs minutes, avant de promettre de revenir demain à la « campagne positive » qu’il avait promise.

« Je n’en reviens pas, a-t-il martelé, de leur manque d’ambition. On a réussi à mettre des prématernelles 4 ans partout en Ontario en cinq ans. Eux disent : "Ben voyons donc, on n’est pas capaaaaaables de faire ça"», a lancé le chef caquiste en étirant longuement le mot « capable ». « Eille : quand est-ce qu’ils vont avoir enfin de l’ambition pour nos enfants ? »

À l’origine de ce courroux ? Les commentaires de Jean-François Lisée voulant que le projet de la CAQ relève de la « pensée magique » et que c’est là une mesure « complètement inutile et irréaliste », dans un contexte d’écoles primaires qui débordent.

Même chose pour Sébastien Proulx. Selon l’actuel ministre de l’Éducation, « c’est en omettant de dire combien ça va coûter, construire ces espaces-là, et comment il va combler la pénurie de main-d’oeuvre pour y arriver » que M. Legault arrive à faire cette promesse — qui est connue depuis longtemps, mais qu’il a réitérée samedi.

M. Legault réplique que son plan est bien ficelé. Deux solutions s’offrent si une école déborde, a-t-il dit dimanche : « Soit on ajoute des classes, soit on construit des bâtiments. On a prévu 311 millions pour payer les enseignants [la CAQ calcule un enseignant et une demi-tâche d’éducateur pour 15 enfants], et 153 millions pour bâtir des classes. »

M. Legault estime que, dans la majorité des écoles, « il y a de l’espace pour ajouter une ou deux classes. Et si ce n’est pas le cas, on va construire une nouvelle école. » Aucune roulotte ne sera utilisée pour ce projet, a-t-il promis à deux reprises dimanche.

Le ton employé durant ce point de presse tranchait avec celui adopté par François Legault depuis le début de la campagne. Le chef de la CAQ avait jusqu’ici mené sa campagne en faisant presque complètement abstraction de ses adversaires.

Après trois jours à sillonner la région du 450, la caravane caquiste se délacera demain en Estrie, notamment.