Gertrude Bourdon accuse la CAQ d’avoir tenté de la «piéger»

L’ex-p.-d.g. du CHU de Québec, Gertrude Bourdon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’ex-p.-d.g. du CHU de Québec, Gertrude Bourdon

La candidate vedette du PLQ, Gertrude Bourdon, accuse la direction de la CAQ d’avoir tenté de la « piéger » en annonçant à tort il y a quelques jours l’imminence de sa candidature au côté de François Legault.

« Comme citoyen, se sentir piégé, c’est le contraire de la démocratie. C’est le contraire des valeurs libérales qu’on se donne dans notre liberté individuelle », a-t-elle déclaré, en marge d’une annonce de propositions pour « améliorer accès aux soins de santé » du PLQ, samedi.

L’ex-p.-d.g. du CHU de Québec a réitéré samedi n’avoir jamais promis à Martin Koskinen — qui est directeur de cabinet de François Legault — de grossir les rangs de la CAQ. Pourtant, un échange de textos laissant entendre le contraire a été dévoilé par La Presse en début de journée. Dans celui-ci, M. Koskinen écrit à Mme Bourdon : « Je crois sincèrement que nous avons l’occasion de marquer l’histoire », ce à quoi la grande patronne du CHU de Québec répond : « Je le crois aussi. »

« Je n’ai pas décidé d’aller avec la CAQ. […] À ce moment-là, je savais [que] le lendemain, j’allais rencontrer M. Legault pour lui dire […] que je n’irais pas à la CAQ », a répété la candidate libérale dans Jean-Lesage samedi.

Mme Bourdon explique ne pas avoir écarté clairement à ce moment-là une candidature caquiste, et ce, par politesse à l’égard de M. Legault. « C’était pour être simplement éduquée. […] D’aller dire à M. Legault […] que je n’irais pas à la CAQ, que je n’adhérais pas à ses valeurs, ça allait de soi pour moi, dans ma façon de travailler et dans ma façon d’être, quelque chose de tout à fait normal », a-t-elle expliqué. Derrière elle, des haut-parleurs diffusaient tantôt le tube Secret, de Madonna, tantôt le succès I Will Always Love You, de Whitney Houston ».

« Une leçon »

Gertrude Bourdon a toutefois convenu, du bout des lèvres, que M. Koskinen a pu décoder de ses textos qu’elle était disposée à faire l’histoire avec la CAQ. « Je peux comprendre qu’il a pu penser… Enfin, c’est ce qu’il a décidé de comprendre », a-t-elle dit tout en accusant le parti politique de François Legault de « bafouer » sa « liberté » en divulguant une correspondance privée. « Des échanges privés doivent rester privés. »

L’ex-gestionnaire du réseau de la santé dit avoir appris « une leçon » au fil des derniers jours. « Ma grande leçon ce matin que je veux vous livrer, c’est que je sais que je suis dans le bon parti. »

Était-ce irrespectueux que le chef de cabinet de M. Legault, Martin Koskinen, dévoile la teneur d’un message texte envoyé par Mme Bourdon ? « C’est exceptionnel, a reconnu François Legault en point de presse samedi matin. Mais la vérité a encore ses droits au Québec. De façon exceptionnelle, on a publié les [messages] et je vais laisser les Québécois juger. »

Le PLQ ne s’est pourtant pas privé, par le passé, de dévoiler publiquement des textos. Le 2 février, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a publié sur Twitter une série de messages échangés entre un membre de son cabinet et le chroniqueur Bernard Drainville. La conversation portait sur les relations tendues entre Québec et les infirmières.

En point de presse samedi, le chef du Parti québécois a aussi affirmé qu’il n’hésiterait pas à dévoiler des textos personnels si cela pouvait servir la « vérité ». « Je comprends qu’il y a des débats éthiques sur une conversation privée par textos, mais j’aime toujours mieux errer du côté de la transparence et de la vérité », a dit Jean-François Lisée. S’il avait une preuve écrite des échanges entre Gertrude Bourdon et la députée péquiste Agnès Maltais, le chef péquiste les dévoilerait. « Si on les avait, j’errerais dans le sens de vous les montrer », a-t-il attesté.

« Mon parti, c’est le Parti québécois, je ne me présenterai jamais pour la CAQ », aurait affirmé Gertrude Bourdon à Agnès Maltais lors d’une rencontre organisée il y a quelques mois.