Lisée reproche à Legault de faire du «charlatanisme» avec son cadre financier

La formation politique de François Legault n’a pas encore dévoilé son cadre financier que, déjà, le PQ lui reproche son manque de réalisme.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La formation politique de François Legault n’a pas encore dévoilé son cadre financier que, déjà, le PQ lui reproche son manque de réalisme.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a reproché samedi à la Coalition avenir Québec de faire du « charlatanisme » avec un « cadre financier qui est basé sur de l’argent imaginaire ».

La formation politique de François Legault n’a pas encore dévoilé son cadre financier que, déjà, le PQ lui reproche son manque de réalisme.

« Il faut péter cette balloune, qu’il y a des milliards de dollars qui traînent et que Legault peut baisser les impôts sans impacts sur les gens », a lancé Jean-François Lisée dans un point de presse organisé dans un cul-de-sac du quartier Centre-Sud.

À son avis, les baisses de taxes proposées par la CAQ priveront l’État de 700 millions de dollars.

Il faut péter cette balloune, qu’il y a des milliards de dollars qui traînent et que Legault peut baisser les impôts sans impacts sur les gens

 

« Un cadre financier qui est basé sur de l’argent imaginaire qu’on va aller chercher, c’est du charlatanisme », a déclaré le chef péquiste, qui s’en est aussi pris aux prétentions caquistes voulant que la lutte contre le « gaspillage » engendre des économies de 800 millions.

Médecins : un gel pour au moins quatre ans

Le PQ — qui n’a pas encore dévoilé son cadre financier — estime quant à lui être en mesure de récupérer « un demi-milliard » en gelant « tout l’argent [frais] qu’on est censé donner aux médecins », a affirmé Jean-François Lisée.

Dès son arrivée au pouvoir, et pour une durée d’au moins quatre ans, le chef péquiste figerait la rémunération des médecins, en la maintenant au niveau actuel. L’argent pourrait être débloqué après un mandat, ou « jusqu’à ce qu’on considère que le niveau de rémunération de nos médecins équivaut à la part de richesse québécoise qu’on est prêts à y consacrer », a déclaré Jean-François Lisée.

Par exemple, le PQ ne toucherait pas aux 700 millions en argent récurrent que doivent obtenir les médecins spécialistes pour la période 2015-2016 à 2022-2023. Cette somme doit couvrir les frais liés à la rémunération des nouveaux médecins et à l’augmentation des services due à la croissance de la population.

Le chef du PQ ne s’est pas montré inquiété de l’imposant rattrapage que pourrait engendrer, dans quelques années, le gel de l’enveloppe destinée à la rémunération des médecins.

 

La plus récente entente signée avec les médecins spécialistes découle d’un accord de 2007 pour un rattrapage avec les médecins du reste du Canada. Le seul report du paiement des augmentations promises a créé une dette; une somme non récurrente de 1,5 milliard et une somme récurrente de deux milliards à verser d'ici 2023.  

« Pas suicidaire »

Le PQ, qui fait le pari d’un « État fort » — néanmoins « au gym » — s’est par ailleurs dit résigné à « prend[re] la situation fiscale des Québécois telle qu’elle se présente à notre arrivée », même si elle est « mauvaise » selon son chef.

« On ne prend pas l’engagement d’augmenter les impôts et les taxes ; on n’est pas politiquement suicidaires, a-t-il ajouté. Vous ne voulez pas de langue de bois, je vous la donne : on n’est pas politiquement suicidaires. Les baisses d’impôt qui ont déjà été données, on les laisse. »