Le PLQ s'engage à ouvrir 25 nouvelles supercliniques

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard

Il y a eu la «réforme Barrette». Il n’y aura pas la «réforme Bourdon», a promis la main sur le cœur l’aspirante ministre de la Santé, Gertrude Bourdon, samedi. «Je ne ferai pas de réforme. Ça, c’est une annonce. Parce que des réformes, ça prend environ 10 ans à consolider», a-t-elle déclaré au terme de la présentation d’une série de propositions pour «améliorer l’accès aux soins de santé» par le chef libéral, Philippe Couillard.
 

L’ex-PDG du CHU de Québec a plutôt plaidé pour la «consolidation» ― un mot qu’elle affectionne tout particulièrement ― du réseau de la santé en «rapproch[ant] les services du patient». Mais, lorsqu’une journaliste de Radio-Canada lui a demandé de citer le premier geste qu’elle ferait à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux, Gertrude Bourdon a poussé une longue interjection. «Vous ne me donnez pas trente quelques jours?» lui a-t-elle demandé par la suite. «On va vous donner ça un peu au compte-gouttes parce sinon vous feriez une indigestion», a-t-elle ajouté avec un aplomb frôlant la condescendance.
 

Au 3e jour de la campagne électorale, le PLQ s’est engagé à ouvrir 25 supercliniques ― accessibles 7 jours sur 7, 12 heures par jour ― dans des agglomérations d’au moins 50 000 personnes, d’ici les quatre prochaines années. Une promesse nécessitant des dépenses supplémentaires de 12 millions de dollars, selon le PLQ.

«Avec leurs services étendus et leur accès sans rendez-vous, elles sont une solution simple et efficace en remplacement de l’urgence», a affirmé M. Couillard, dans le stationnement de MAclinique Lebourgneuf, à Québec. Gaétan Barrette brillait par son absence. Gertrude Bourdon brillait par sa présence ― les projecteurs étant braqués sur elle. 

Les citoyens sont intelligents. Ils veulent faire leurs soins et leurs choix eux-mêmes. En anglais, on appelle ça “empowerment”. La prise de pouvoir sur soi-même. L'engagement sur soi-même

Le chef du gouvernement a toutefois convenu que la réalisation de sa promesse électorale tient en grande partie à la «volonté d’un groupe médical». «S’il n’y a pas de volonté d’un groupe médical pour faire une superclinique, il n’y en aura pas. Le gouvernement ne peut pas décréter: “Toi, Docteur X, Docteur Y ou Docteur Z, transfère ta pratique, tu t’en vas faire une superclinique“.» 
 

49 supercliniques ont ouvert leurs portes au fil des deux dernières années, accueillant «du monde qui, auparavant, n’avait d’autre choix que d’aller dans les urgences». Entre 2014-2015 et 2017-2018, le nombre de visites dites de «faible priorité» a reculé dans les salles d’urgences des centres hospitaliers (- 75 000), a indiqué M. Couillard avant de répéter: «Les urgences pour les urgences et les supercliniques pour les soucis du quotidien.»
 

D’autre part, le PLQ s’engage à modifier la Loi sur la pharmacie pour permettre aux pharmaciens d’administrer des vaccins ― en prévision de la saison grippale, notamment ― et de prodiguer un plus large éventail de services-conseils.
 

Aussi, il promet de modifier la Loi sur l’assurance maladie afin de permettre aux parents de mettre la main sur une seconde carte d’assurance maladie pour leurs enfants âgés de moins de 14 ans. «Faciliter la vie des familles, c’est assurer que le père et la mère aient une carte assurance maladie pour éviter de courir après celle-ci quand son enfant est malade. [...] Ce sera aussi beaucoup plus simple pour les parents séparés et les familles recomposées», a fait valoir M. Couillard.
 

Enfin, le PLQ favorisera l’essor de nouveaux services de télésanté ― la téléconsultation et les télésoins, par exemple ― et ce, pas seulement dans le Grand Nord où ils sont par ailleurs «très utiles», a indiqué M. Couillard. Ces nouveaux outils permettent notamment de mesurer à distance l’oxygénation des personnes éprouvant des problèmes pulmonaires graves ou encore de diagnostiquer à distance des lésions cutanées. 
 

«Ce qui va nous aider à l’avenir ― ça, je vais devoir... pouvoir me colletailler, un peu, avec Monsieur Barrette, c’est d’accélérer l’introduction des technologies et de l’intelligence artificielle», a dit Mme Bourdon, levant le voile sur l’une de ses priorités.