Le PLQ promet un chèque de 150$ à 300$ par enfant

Philippe Couillard promet de «faciliter la vie des gens» s’il est réélu à la tête d’un gouvernement majoritaire.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard promet de «faciliter la vie des gens» s’il est réélu à la tête d’un gouvernement majoritaire.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, promet d’accroître le soutien aux parents en leur accordant « le plus rapidement possible » une allocation supplémentaire de 150 $ à 300 $ par année par enfant.

« Les familles choisiront ce qu’elles font avec ça », a-t-il souligné à gros traits lors d’un point de presse derrière un module de jeux du parc Lambert, à Trois-Rivières, vendredi matin. « J’insiste : ce sera au choix des familles. »

Le montant du chèque ou du virement bancaire fluctuerait en fonction du revenu familial, soit de 300 $ (pour un revenu de 75 000 $ ou moins) à 150 $ (110 000 $ ou plus). Le PLQ évalue le coût de cette promesse électorale à quelque 380 millions par année.

Le « programme de soutien aux familles » s’ajouterait au « supplément pour l’achat de fournitures scolaires » de 100 $ octroyé tous les 30 septembre aux parents d’un enfant âgé de 4 à 16 ans, et ce, peu importe leur revenu familial.

M. Couillard s’est fait le défenseur de la « liberté de choix » dans l’utilisation des aides financières gouvernementales. « [Celle-ci] est étiquetée “[supplément pour l’achat de] fournitures scolaires” parce qu’on sait qu’il y a des pressions chaque automne pour ça. Alors, si une famille veut le consacrer à ça, tant mieux. Mais elles peuvent décider autre chose également », a-t-il déclaré durant la période des questions.

Personne ne se verra accuser de détournement d’allocations, a assuré le chef libéral aux médias. Par exemple, un couple peut, sans problème, profiter de cette somme pour s'offrir une escapade amoureuse un week-end. « Ça se pourrait, Monsieur, que, pour un couple, aller passer deux, trois jours tranquilles, ça aide après avec les enfants dans la pression de la vie quotidienne. »

Choc d’idées

À cet égard, les « philosophies politiques » du Parti libéral du Québec et du Parti québécois s’entrechoquent, a fait remarquer M. Couillard, qui se pose en non-interventionniste dans une région se laissant courtiser par la Coalition avenir Québec.

« Il y en a pour qui l’État doit s’occuper de tout pour les jeunes et macroscopiquement dans leur vie : tu vas faire ça, tu vas acheter ça, tu vas envoyer ton enfant là. Les gens, avec raison, veulent avoir un espace de libre arbitre. Et c’est fondamental pour notre philosophie politique. Quand on dit “libéral”, “liberté”, ça correspond également à la liberté de faire des choix : dans quel milieu de garde je vais envoyer mon enfant, dans quel type d’école je vais envoyer mon enfant, quel type d’alimentation je vais donner à ma famille. Le rôle de l’État, c’est de leur donner un éventail de choix », a-t-il soutenu, entouré de candidats régionaux.

85 % de places en CPE

Un gouvernement libéral donnera également le feu vert à la création de 2000 nouvelles places en services de garde éducatifs à l’enfance — 1700 places en centre de la petite enfance (CPE) et 300 places en garderie privée subventionnée — en milieu de travail ou d’études des parents (cégeps ou universités) entre 2018 et 2022, a annoncé M. Couillard dans la circonscription de Trois-Rivières vendredi.

Le chef libéral promet aussi de revenir à la charge avec un nouveau projet de loi afin de réviser le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Calqué sur le projet de loi 174, qui est mort au feuilleton lors de la dissolution de l’Assemblée nationale jeudi, il permettra aux nouveaux parents de « choisir de revenir au travail 10 jours plus tôt et de garder en réserve ces 10 jours de congé payé pour les utiliser, par exemple, lorsqu’un enfant est malade ». « Le congé parental pourrait être morcelé et étalé sur deux ans. Le Régime sera plus généreux pour les parents adoptants. Et la durée du congé sera bien sûr augmentée lors des grossesses multiples », a ajouté le chef du gouvernement.

Le PLQ promet aussi d’effectuer une tournée de « promotion de meilleures pratiques de conciliation famille-travail » — télétravail, horaires de travail « plus flexibles », semaines de travail « comprimées », etc. — s’il est réélu. « Nos engagements représentent un coup de pouce important pour leur donner ce qu’il y a de plus précieux : du temps, et du temps de qualité », a répété M. Couillard, avant de mettre le cap vers la région de la Capitale-Nationale.