Gertrude Bourdon, «symbole de l’indécence politique», selon Lisée

La candidate libérale Gertrude Bourdon est «devenue le symbole de l’indécence politique», a déploré jeudi matin le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La candidate libérale Gertrude Bourdon est «devenue le symbole de l’indécence politique», a déploré jeudi matin le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

La candidate libérale Gertrude Bourdon est « devenue le symbole de l’indécence politique, du vide des convictions », a déploré jeudi matin le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Le butinage partisan de Mme Bourdon a ainsi teinté le lancement de la campagne électorale.

« La semaine dernière, elle était avec un parti qui prétend être contre la réforme Barrette. Cette semaine, elle est avec un parti qui est content de la réforme Barrette. Non mais, c’est pas sérieux », a-t-il laissé tomber lors du lancement de la campagne électorale péquiste, à Mont-Saint-Hilaire. « Je comprends que les Québécois soient cyniques devant des gens qui se magasinent un parti », a-t-il ajouté.

Des sources libérales ont confirmé mercredi soir que Gertrude Bourdon sera la candidate du Parti libéral du Québec dans Jean-Lesage, à Québec. Quelques jours plus tôt, elle avait fait faux bond au chef caquiste François Legault.

Mme Bourdon a présenté sa démission à titre de p.-d.g. du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval, jeudi après-midi.

Le Parti québécois a aussi confirmé qu’il a tenté une approche auprès de Gertrude Bourdon il y a quelques mois, lorsque la députée sortante de Taschereau, Agnès Maltais, s’est lancée à la recherche d’une personne pouvant lui succéder. « Mon parti, c’est le Parti québécois, je ne me présenterai jamais pour la CAQ », a alors affirmé Gertrude Bourdon, selon les informations du Devoir.

« Elle aurait dit ça à Mme Maltais », a déclaré Jean-François Lisée jeudi. « Qu’est-ce qu’elle a dit aux autres partis ? Est-ce qu’à chaque parti qu’elle rencontrait, elle disait : je suis avec vous ? » a-t-il demandé.

Le chef caquiste, François Legault, a lui aussi décoché une flèche en direction de Mme Bourdon. « La question que vous devriez lui poser, c’est pourquoi, dans un hôpital, il y a des spécialistes qui gagnent plus que leurs homologues en l’Ontario alors que, dans le même hôpital, il y a des infirmières qui gagnent moins que leurs homologues en Ontario, qu’il y a des médecins qui gagnent moins que leurs homologues en Ontario. Je pense que c’est à elle de répondre à cette question-là », a-t-il déclaré.

La CAQ entend renégocier et revoir à la baisse l’entente conclue entre le gouvernement libéral et les médecins spécialistes, proposition avec laquelle serait en désaccord Mme Bourdon, a suggéré M. Legault.

La seule formation politique qui n’a pas été reluquée par Mme Bourdon est Québec solidaire. La candidate solidaire au poste de première ministre, Manon Massé, a assuré lors du lancement de la campagne du parti ne jamais avoir été en contact avec la future candidate libérale.

Des « ouï-dire », selon Couillard

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a qualifié de « ouï-dire » les propos sur le butinage politique de Mme Bourdon.

Il a assuré à la presse n’avoir aucun doute sur l’allégeance à la fédération canadienne de sa candidate vedette non déclarée. Pour preuve, il a pointé l’insigne d’officier de l’Ordre du Canada que Mme Bourdon arbore depuis le 11 juillet dernier. « Elle porte l’Ordre du Canada à sa boutonnière. Je pense que ça vous indique un peu où se situent ses préférences », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Québec.

Pourtant, Jacques Godbout, Dominic Champagne, Guy Rocher et d'autres indépendantistes québécois sont membres de l'Ordre du Canada.

Les personnes investies de l’Ordre du Canada « ont contribué à édifier la nation avertie et toujours plus bienveillante à laquelle nous sommes, en tant que Canadiens, si fiers d’appartenir », expliquait l’ex-gouverneur général du Canada, David Johnston.

M. Couillard fait peu de cas du flirt de Mme Bourdon avec d’autres formations politiques. « On doit s’attendre à ce qu’une personne de ce haut calibre-là rencontre, notamment ici à Québec, des gens de toutes les formations politiques », a-t-il ensuite déclaré.

Il dit s’être assuré que sa recrue est attachée, comme lui, aux huit valeurs du PLQ inscrites par les ex-chefs Claude Ryan (les sept premières) et Jean Charest (la huitième) : les « libertés individuelles », l’« identification au Québec », le « développement économique », la « justice sociale », le « respect de la société civile », l’« attachement à la démocratie », l’« appartenance canadienne », ainsi que l’« équité intergénérationnelle ».

Avec Améli Pineda et Isabelle Porter