Le PQ lance sa campagne en promettant de «prendre soin des citoyens»

«Nous nous engageons à vous mettre, vous — l’élève, le parent, l’aîné —, au cœur de nos préoccupations», a déclaré le chef Jean-François Lisée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Nous nous engageons à vous mettre, vous — l’élève, le parent, l’aîné —, au cœur de nos préoccupations», a déclaré le chef Jean-François Lisée.

Le Parti québécois (PQ) a choisi de lancer sa campagne jeudi dans la circonscription de Borduas, en Montérégie, en promettant de «prendre soin de ses citoyens».

«Nous nous engageons à vous mettre, vous — l’élève, le parent, l’aîné —, au cœur de nos préoccupations», a déclaré le chef Jean-François Lisée, en attaquant le «manque de compassion» des libéraux envers la «misère humaine qu’ils ont créée».

À ses côtés, la vice-chef Véronique Hivon a misé sur l’espoir, mais aussi sur le réalisme des propositions péquistes pour courtiser les électeurs. «Nous allons toujours vous donner l’heure juste: pas de fausses promesses, pas de raccourcis», a-t-elle promis. Au PQ, nous avons «des gens qui sont là par conviction... et ça, c’est bon et ça fait du bien», a-t-elle ajouté.

Son commentaire n’a pas manqué de rappeler la récente volte-face de la candidate libérale dans Jean-Lesage, Gertrude Bourdon, qui a d’abord courtisé le PQ et la Coalition avenir Québec.

À ses côtés, Jean-François Lisée s’est dit « à l’offensive » pour sortir son parti de la troisième place qu’il occupe dans les sondages depuis un an. 

Pour marquer cette attaque, il a visité des circonscriptions détenues par la CAQ (Borduas et Masson) et le PLQ (Maurice-Richard).

Des défis autour de Montréal

Le choix de la circonscription de Borduas pour lancer la campagne péquiste n’est pas anodin.

En 2014, le caquiste Simon Jolin-Barrette y avait remporté l’élection avec une mince majorité de 99 voix, tout juste devant le péquiste Pierre Duchesne.

La circonscription avait auparavant toujours été représentée par un élu du PQ, et ce, depuis sa création en 1994.

«C’est un signal, un choix délibéré», a confirmé le chef Lisée, entouré de ses candidats de la Montérégie.

Sur la Rive-Sud de Montréal, au moins six circonscriptions péquistes (Sanguinet, Saint-Jean, Vachon, Marie-Victorin, Taillon et Verchères) menacent de basculer dans le giron caquiste.

Le portrait n’est guère plus reluisant pour les troupes de Jean-François Lisée sur la Rive-Nord de Montréal: des élus péquistes sont en danger dans Saint-Jérôme, Rousseau, Joliette, Bertrand, Berthier, Labelle, Richelieu et Terrebonne.

Et c’est sans compter la menace — réelle, selon les sondages — pour le PQ de se faire expulser de l’île de Montréal, où les seules circonscriptions de Rosemont, Bourget et Pointe-aux-Trembles sont encore «bleues».

Sans surprise, donc, l’autocar coloré du PQ sillonnera les routes de Montréal et des environs lors des premiers jours de la campagne électorale. Des arrêts sont prévus jeudi en Montérégie, à Montréal, dans Lanaudière et dans les Laurentides.

Rapatrier les souverainistes

Pour reprendre le terrain perdu autour de Montréal, Jean-François Lisée mise sur le retour au bercail des souverainistes. « C’est clair qu’on a un travail d’explication à faire », a reconnu le chef péquiste, qui s’est engagé à ne pas tenir de référendum avant un éventuel deuxième mandat du PQ, en 2022.

Il s'est adressé aux « souverainistes égarés à la CAQ » en affirmant que François Legault leur avait « tourné le dos » en renonçant à la tenue d’un référendum. « Il est allé plus loin que M. Couillard en disant : je ne veux même plus qu’on en parle. Alors à mon avis, entre qui est le plus fédéraliste entre François Legault et Philippe Couillard, François Legault a gagné. Si vous voulez nuire à votre objectif indépendantiste, un vote pour la CAQ, c’est ce que ça va donner », a-t-il déclaré.

Les longs mois passés à courtiser Québec solidaire en vue d’une entente électorale n’ont pas mené à un exode des militants péquistes, a assuré Jean-François Lisée. 

« Je pense que ce n’est pas le facteur. Le facteur, c’est que […] l’an dernier, la CAQ ayant gagné un château fort dans Louis-Hébert, ça a tourné », a-t-il commencé. La population a eu « l’impression que pour changer, il faut voter CAQ », a-t-il poursuivi. « Nous on dit : pensez-y à deux fois. C’est vrai qu’ils peuvent remplacer les libéraux. Mais si c’est pour avoir les mêmes candidats et les mêmes politiques que les libéraux, vous n’êtes pas plus avancés. »

La CAQ comme le PCC
Jean-François Lisée s’est par ailleurs amusé à faire des allusions à la campagne électorale fédérale de 2015, puisque les sondages donnaient la victoire au Parti conservateur au début de celle-ci. 

« Si vous vouliez vous débarrasser de Stephen Harper en 2015, vous ne voulez pas élire François Legault », a-t-il averti. Et d’ailleurs : « le gars qui serait ministre des Finances d’un gouvernement de la CAQ était un candidat de Stephen Harper », a-t-il dit au sujet d’Éric Girard, un haut dirigeant de la Banque Nationale qui se présente désormais pour la CAQ dans la circonscription de Groulx, dans les Laurentides. 

« Et la personne qui fait la transition de la CAQ si elle devient le gouvernement, c’était une conseillère senior de Stephen Harper », a-t-il ajouté au sujet de Catherine Loubier. « Et le candidat vedette économique de la CAQ, Youri Chassin, il veut tout privatiser », a-t-il lancé. « Qu’est-ce qu’ils font là, ce monde-là ? »