Les nouveaux habits caquistes de Ian Lafrenière

L’autre membre du duo de justiciers de la CAQ, Sonia Lebel, a assisté à l’annonce officielle de la candidature de Ian Lafrenière. L’ancien policier tentera de se faire élire dans la circonscription de Vachon.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’autre membre du duo de justiciers de la CAQ, Sonia Lebel, a assisté à l’annonce officielle de la candidature de Ian Lafrenière. L’ancien policier tentera de se faire élire dans la circonscription de Vachon.

L’ancien porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Ian Lafrenière, qui a confirmé mardi son saut en politique avec la Coalition avenir Québec (CAQ), s’est exprimé pour la première fois sur la question des signes religieux. Le nouveau politicien est pour une « neutralité totale » des corps de police.

« Les gens ont le droit d’avoir leurs croyances. Mais comme policier, on se doit d’avoir une neutralité totale », a souligné M. Lafrenière, qui brigue la circonscription de Vachon, en Montérégie.

Celui qui a été le visage de la police de Montréal pendant plus de 20 ans s’est dit à l’aise avec la position de la CAQ voulant qu’une policière du SPVM ne puisse porter le voile au travail. « [Le voile], on essaie de dire que c’est juste une pièce de vêtement, que c’est une décoration, mais c’est un vêtement qui envoie un message fort », a-t-il fait valoir.

« Imaginez, par exemple, une jeune fille qui appelle la police parce que son père l’a forcée à porter un niqab ou une burqa et que la policière ou le policier qui arrive sur place a un signe religieux. Pensez-vous que ça dégage une image neutre ? » a-t-il dit.

L’ancien inspecteur a fait un parallèle avec la neutralité exigée des policiers dans tous les autres domaines.

« Lorsqu’on arrivait en séries finales au hockey, j’interdisais à mes policiers de porter l’emblème d’une équipe. Pourquoi ? Parce qu’il y a la neutralité, mais il y a aussi l’image et le sentiment de neutralité. Imaginez s’il y a une bagarre entre deux groupes [d’amateurs] d’équipes opposées — le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston, pour ne pas les nommer — et que les policiers débarquent avec leurs épinglettes du Canadien, croyez-vous vraiment que les partisans de Boston vont penser qu’ils ont un traitement équitable ? » a-t-il fait remarquer.

M. Lafrenière estime toutefois que les décisions sur la neutralité des corps de police doivent être prises par les politiciens.

En avril dernier, le débat à propos de l’autorisation des signes religieux, comme le hidjab et le turban, au sein des corps de police a été relancé par un élu municipal montréalais. Quelques jours plus tard, Le Journal de Montréal rapportait l’inscription d’une première étudiante voilée en techniques policières.

« Il y a de cela quelques heures, j’étais encore au service de police. […] Je crois que malheureusement on a “poussé la chaleur” vers eux. On a demandé à des gens de prendre position sur une décision qui, à mon sens à moi, est politique », a-t-il déclaré en marge de son lancement de campagne.

Un peu plus tôt, M. Lafrenière a confié que c’est son « déplacement » des communications du SPVM par l’ex-chef Philippe Pichet qui l’a amené à envisager une carrière politique, en 2016.

« Je ne serai pas menteur. Je ne vous dirai pas que mon départ des communications n’a pas amené en moi la volonté de faire d’autres choses », a-t-il souligné.

Après 24 ans au sein du SPVM, M. Lafrenière a quitté ses fonctions en juillet dernier. Lundi, l’ancien haut gradé a remis son arme de service.

Véritable château fort péquiste, la circonscription de Vachon est représentée depuis 2010 par Martine Ouellet, devenue depuis indépendante afin de diriger le Bloc québécois. Celle-ci a depuis démissionné de la chefferie du Bloc et a confirmé qu’elle ne se représente pas aux élections provinciales.