La MRC des Basques ne désarme pas

Le préfet de la MRC des Basques, André Leblond, a affirmé hier avoir eu l'assurance de Québec que le projet de mini-centrale hydroélectrique privée sur la rivière Trois-Pistoles obtiendra le feu vert des Ressources naturelles s'il passe le test du référendum prévu pour le 13 juin prochain.

C'est ce qu'a soutenu hier M. Leblond dans le cadre d'une entrevue téléphonique accordée au Devoir car, dit-il, c'est désormais un site hydraulique comme un autre, qui appartient au ministère des Ressources naturelles, lequel peut céder ces forces hydrauliques à condition que le projet rencontre les exigences gouvernementales comme n'importe quelle autre force hydraulique du domaine public. Et les exigences des Ressources naturelles, dit-il, sont de trois ordres: le projet doit faire la preuve de son «acceptabilité sociale», être environnementalement acceptable et nécessaire du point de vue énergétique. Le projet avait été approuvé l'an dernier au plan technique lorsqu'il était parrainé par Grade Trois-Pistoles.

«On en est à la première étape, celle de l'acceptabilité sociale», précise le préfet en se montrant confiant d'obtenir l'appui d'une majorité des contribuables de la MRC. Et, pour l'instant, dans l'esprit de Québec et du préfet Leblond, l'acceptabilité sociale se résume à aller chercher l'opinion des gens de la région. «Pas celle des artistes de Montréal».

Québec a racheté l'an dernier pour 250 000 $ les droits hydrauliques détenus par la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges, précise le préfet Leblond. Il s'agissait d'un achat pur et simple auprès de la municipalité et il n'y a aucune servitude empêchant l'utilisation des droits hydrauliques du cours d'eau par un promoteur à qui le ministère des Ressources naturelles voudrait bien les céder, conformément à ses règles d'octroi.

Pour le préfet de la MRC des Basques, il est faux de prétendre que Québec a payé 3,5 millions, dont 3,3 au promoteur Jean-Marc Carpentier pour protéger les chutes de la Trois-Pistoles pour en faire une pièce importante du patrimoine collectif.

«Le gouvernement, déclare M. Leblond, a plutôt payé 3,3 millions au promoteur pour éviter que le premier ministre Landry ne soit traîné en cour parce qu'il avait annulé ce projet qu'il n'avait pas le droit d'arrêter, et cela parce que les artistes de Montréal le réclamaient. Ce n'était pas une compensation à un promoteur et pour moi, ce n'est pas le gouvernement du Québec qui a arrêté le projet mais un individu et un parti politique.»

Le préfet des Basques ajoute que les opposants à son projet de centrale auront un droit de parole égal à celui des promoteurs dans les assemblées d'information «pré-référendaires». Les maires de la MRC décideront à leur prochaine réunion si les camps du Oui et du Non auront un budget ou se débrouilleront à leur manière.

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