Charest se désole du traitement infligé à François Ouimet

Plus de 15 ans après l’élection du PLQ de Jean Charest, les électeurs ont un «appétit de changement», observe l’ancien premier ministre.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Plus de 15 ans après l’élection du PLQ de Jean Charest, les électeurs ont un «appétit de changement», observe l’ancien premier ministre.

Jean Charest se désole du traitement infligé au député François Ouimet — « pas un gars coloré, mais un député très efficace, apprécié dans son comté » — par l’état-major du Parti libéral du Québec.

« Une chose est sûre, ça ne peut pas aider » le PLQ à quelques jours du coup d’envoi de la campagne électorale, estime l’ex-premier ministre. « Ça laisse une impression en tout cas qu’il y a de l’improvisation de part et d’autre. Ça, ce n’est jamais bon », a-t-il déclaré sur les ondes de « blvd 102.1, la nouvelle station rock à Québec » lundi midi.

Poussé vers la sortie, le député de Marquette, François Ouimet, a accusé la semaine dernière le chef libéral, Philippe Couillard, d’avoir refusé de signer son bulletin de candidature en vue du scrutin contrairement à ce à quoi il s’était engagé, « les yeux dans les yeux », à faire en mai dernier.

« C’est étonnant ce qui est arrivé. De toute évidence, ni François Ouimet ni M. Couillard n’auraient souhaité que les affaires finissent comme ça », a affirmé M. Charest dans un entretien téléphonique avec Nathalie Normandeau.

L’ex-vice-première ministre a pour sa part prédit que l’affaire Ouimet va « coller longtemps à la peau » de M. Couillard. « Comment voulez-vous qu’on ait confiance dans un premier ministre qui renie sa parole auprès d’un des siens? » a-t-elle déclaré, avant d’ajouter. « Il a une grande pente à remonter. »

À Scott, où il a réunis les candidats déjà annoncés aux prochaines élections générales — dont Enrico Ciccone qui portera les couleurs du PLQ dans Marquette —, M. Couillard a souligné à la presse que « chaque chef de parti a eu à faire des choses difficiles ».

« Appétit de changement »

Plus de 15 ans après l’élection du PLQ de Jean Charest, les électeurs ont un « appétit de changement », observe l’ancien premier ministre. « Ça, il ne faut pas le nier. […] Il faut que celui qui demande un renouvellement de mandat donne une très bonne raison — une raison qui a de l’ascendant — pour dire : il faut absolument que vous nous réélisiez parce que nous allons faire A, B, C », a-t-il expliqué.

Cela dit, « les jeux sont très ouverts » à 42 jours du scrutin, estime l’ex-homme politique. « On est maintenant capable de corriger des choses qui vous rendent la vie inutilement compliquée et désagréable », s’est limité à dire M. Couillard, promettant de dévoiler des propositions pour « améliorer la vie » des Québécois très prochainement.

D’autre part, M. Charest, qui a successivement été à la tête du Parti progressiste-conservateur (1993-1998) et du PLQ (1998-2012), s’est dit étonné de voir des personnes négocier d’une éventuelle candidature aux prochaines élections générales avec plus d’un parti politique.

« Il y a une chose sur laquelle j’accroche, comme vous Nathalie. Je n’ai jamais de ma vie été témoin de ce qu’on voit en ce moment avec un magasinage des partis et des candidats », a-t-il indiqué au micro de « Nathalie le midi », tout en pointant Gertrude Bourdon.

La présidente-directrice générale du CHU de Québec-Université Laval, qui est décrite comme une sympathisante péquiste de longue date, a discuté d’un éventuel saut en politique à la fois avec le PLQ et la CAQ.

« C’est comme si tout était interchangeable », a poursuivi M. Charest. Auparavant, les « principes », les « valeurs » et les « convictions » menaient naturellement un individu dans une formation politique, selon lui.

« Je vois que les gens qui viennent vers nous, parfois ils sont allés voir ailleurs et ils reviennent vers nous à cause de la force de nos convictions et de nos valeurs. C'est ce que j'observe à chaque fois. On a des exemples précis au cours des dernières semaines. On en aura d'autres peut-être bientôt », a lancé M. Couillard, suscitant des éclats de rire de quelques candidats l'entourant.

À l'avantage du PQ

Le choix d'échelonner la campagne électorale sur 39 jours, soit la durée maximale prévue par la loi, bénéficiera au premier chef à Jean-François Lisée, estime Jean Charest. « Ça peut être du temps utile pour Jean-François Lisée et le PQ, parce que le PQ, à mon avis, va dépasser les attentes pendant la campagne », a-t-il dit, après avoir décrit « les attentes [à l'égard du PQ de] tellement basses ».