L’affaire François Ouimet «laisse une impression d’improvisation», selon Jean Charest

L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest

L’ancien premier ministre Jean Charest juge que la saga entourant le départ du député libéral François Ouimet « laisse une impression qu’il y a de l’improvisation ».

François Ouimet a récemment été écarté par le Parti libéral du Québec (PLQ), au profit de l’ex-joueur de hockey Enrico Ciccone, qui se présentera dans la circonscription de Marquette, un château fort libéral.

En larmes, M. Ouimet avait accusé l’actuel premier ministre et chef du PLQ, Philippe Couillard, d’avoir renié sa parole. En mai, a-t-il révélé, M. Couillard l’avait pourtant assuré « les yeux dans les yeux » qu’il signerait son bulletin de candidature pour le prochain scrutin.

M. Ouimet, blessé, se sentant injustement traité, s’est interrogé à savoir ce que valait la parole du premier ministre.

Lundi midi, au micro de Nathalie Normandeau, son ancienne vice-première ministre, M. Charest a déclaré qu’il était « étonnant » qu’un député « très efficace » se fasse montrer la sortie.

Sur les ondes du BLVD 102,1, l’ex-premier ministre libéral a souligné que François Ouimet était « apprécié par son comté » et qu’il « livrait » la marchandise.

Selon lui, la controverse « n’aide pas » les libéraux à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale.

Pendant son entrevue avec Mme Normandeau, M. Charest a aussi critiqué le « magasinage » des candidats et des partis.

« C’est comme si tout était interchangeable », a-t-il soutenu.

« À l’époque où moi j’étais plus actif, et que vous étiez avec moi Nathalie, on adhérait à un parti parce qu’il y avait au point de départ, des principes, des valeurs, des convictions profondes, et à partir de là, on décidait d’y aller », a-t-il ajouté.

Couillard réagit

À l’issue d’un rassemblement des candidats libéraux à Scott, en Beauce, Philippe Couillard est resté de marbre face aux critiques de son prédécesseur.

« Ça ne change absolument rien à notre enthousiasme, notre désir d’aller en campagne, a-t-il déclaré. Tout le monde est libre de s’exprimer.

« Je vais lui laisser ses paroles mais je vais lui rappeler, de même qu’à vous, que chaque chef de parti a eu à faire des choses difficiles », a-t-il ajouté.

M. Couillard s’est borné à répéter le message qu’il porte depuis maintenant une semaine, c’est-à-dire qu’il a dû prendre une décision douloureuse dans le cas de François Ouimet, au nom de l’intérêt supérieur de son parti.

« J’avais la responsabilité de présenter aux Québécois une équipe qui est à la fois expérimentée mais avec un élément de renouveau considérable », s’est-il à nouveau défendu.

Par ailleurs, il a reconnu l’existence du « magasinage » chez les candidats et les partis, mais maintenu que des candidats qui sont « parfois allés voir ailleurs » sont revenus au PLQ « à cause de la force de nos convictions et de nos valeurs ».

« On n’est pas un parti politique qui réagit au vent, aux sondages, aux impressions, a-t-il martelé. Nos valeurs, on les connaît, on peut les nommer. »