Jusqu’à 46 700$ d’indemnité par permis de taxi

Tous ceux qui étaient propriétaires d’un permis au 27 mars 2018 recevront un montant de base de 1000$. Une indemnisation s’ajoutera à cette somme dans les régions de Montréal, de Québec et de Gatineau, allant de 2800$ à 45 700$.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Tous ceux qui étaient propriétaires d’un permis au 27 mars 2018 recevront un montant de base de 1000$. Une indemnisation s’ajoutera à cette somme dans les régions de Montréal, de Québec et de Gatineau, allant de 2800$ à 45 700$.

Le gouvernement du Québec a détaillé vendredi les montants de l’indemnisation qui sera remise aux propriétaires de permis de taxi, dont la valeur a diminué, notamment en raison de l’arrivée d’Uber dans la province : les chèques vont varier de 1000 $ à 46 700 $ par permis.

Dans le budget de mars dernier, le ministre des Finances, Carlos Leitão, avait promis 250 millions pour les propriétaires des permis de taxi, mais sans préciser comment les sommes seraient distribuées.

« L’industrie du taxi vit de profondes transformations. Cette situation a des répercussions sur les chauffeurs, les propriétaires et leurs familles, et nous en sommes pleinement conscients », a-t-il expliqué vendredi en conférence de presse à Montréal.

Le détail des compensations a donc été dévoilé. Tous ceux qui étaient propriétaires d’un permis au 27 mars 2018 — jour du dernier budget provincial — recevront un montant de base de 1000 $. Une indemnisation s’ajoutera à cette somme dans les régions de Montréal, de Québec et de Gatineau, allant de 2800 $ à 45 700 $. La valeur des permis a été plus affectée dans les centres urbains que dans les banlieues et en région, a-t-on expliqué.

Ainsi, la plus grande compensation sera accordée aux propriétaires sur l’île de Montréal. Elle sera de 45 700 $ par permis, plus le montant forfaitaire de 1000 $.

Les titulaires de permis en région devront se contenter de 1000 $.

Il s’agit d’un programme d’aide financière, a-t-on fait valoir au sein du ministère des Finances, et ce n’est pas le fruit d’une entente ni d’un consensus avec l’industrie du taxi.

Il y a 7600 permis de taxi au Québec, selon les chiffres du gouvernement, et plus de 4500 permis recevront l’indemnisation maximale de 46 700 $.

Le gouvernement a constaté que la valeur des permis a commencé à diminuer en 2014. Pour calculer le montant des compensations, il a fait la moyenne des transactions de vente de permis cette année-là et celles de 2017. La différence entre les deux correspond au montant du chèque qu’un propriétaire recevra.

Selon les calculs du gouvernement, les montants qu’il a déterminés permettront de compenser 56 % de la perte estimée par les agglomérations de taxi.

Dans le passé, les taxis avaient demandé une somme de 500 millions en compensations, soit le double de ce qu’ils ont obtenu vendredi.

Mais cette annonce n’exclut pas une seconde vague d’indemnisations, a déclaré M. Leitão.

Et si le Parti libéral n’est pas réélu en octobre, ce programme d’aide tiendra toujours, soutient-il.

« Il n’y a pas de possibilité de faire marche arrière. Les décrets sont signés. »

Les premières lettres avisant les titulaires de taxi du montant de leur indemnité seront envoyées la semaine prochaine et des chèques seront dans la poste en octobre, a promis le ministre Leitão.

De plus, cette aide financière n’affectera en rien l’action collective intentée par les titulaires de permis, a confirmé le ministre. Le gouvernement dit faire ces paiements sans reconnaître sa faute pour quoi que ce soit et les propriétaires n’ont pas à renoncer à leurs actions en acceptant le chèque.

Le ministre des Transports, André Fortin, a par ailleurs confirmé que le projet-pilote d’Uber se poursuit, sans changement.

Réactions

Réagissant à l’annonce, deux grands regroupements de taxis estiment qu’ils obtiennent « une partie du dédommagement qui leur revient ».

Le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) et les Taxis du Grand Montréal et Rive-Sud (TGM) notent toutefois que le ministre lui-même reconnaît que les compensations actuelles ne représentent que la moitié des sommes qu’ils estiment dues à l’industrie du taxi.

« Nous avons bien l’intention de maintenir le cap et d’aller chercher tout l’argent qui nous revient », avertissent-ils par communiqué.

Un chauffeur de taxi qui s’était pointé à la conférence de presse avait une opinion plus sombre sur l’annonce. Il s’inquiète des intentions à long terme du gouvernement et du fait que la valeur des permis va continuer à baisser.

« S’ils veulent vraiment régler le problème, il faut qu’ils [le gouvernement] rachètent les permis ou qu’ils enlèvent Uber complètement », a affirmé Zinati Malek.