Enrico Ciccone candidat du PLQ dans Marquette: l’exécutif libéral menace de démissionner

L’entrée en politique d'Enrico Ciccone a été confirmée jeudi matin par le premier ministre Philippe Couillard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’entrée en politique d'Enrico Ciccone a été confirmée jeudi matin par le premier ministre Philippe Couillard.

Enrico Ciccone, le nouveau candidat libéral dans Marquette, affirme qu’il « sympathise énormément » avec le député François Ouimet, qui s’est fait montrer la porte pour lui faire de la place. Mais il affirme n’avoir jamais hésité, même dans ces circonstances difficiles, à porter les couleurs du PLQ dans ce château fort libéral.

« Mon parcours des 48 dernières années […] démontre que j’ai toujours fait preuve d’une grande persévérance et de résilience. Rien ne m’a été donné dans la vie. J’ai toujours dû travailler. Ça a toujours été difficile, partout où j’ai commencé. Ce n’est pas différent aujourd’hui », a soutenu l’ex-joueur de hockey et analyste sportif lors de son investiture officielle jeudi matin au Musée de Lachine, sur le bord de l’eau.

Se décrivant comme un « gars à l’écoute et proche des gens », il se dit « persuadé d’être la meilleure personne pour représenter les citoyens de Marquette ».

Il reconnaît toutefois qu’il a « de grosses pointures à chausser » pour remplacer le député François Ouimet, qui a porté les couleurs du Parti libéral pendant près d’un quart de siècle dans cette circonscription.

Questionné par les journalistes, il affirme n’avoir jamais demandé cette circonscription et n’avoir été avisé que mardi après-midi de ce choix.

François Ouimet

La journée de mercredi, marquée par l’annonce du départ de François Ouimet, qui a pleuré lors de son point de presse, a été « difficile », reconnaît Enrico Ciccone. Il fait l’analogie avec le hockey, un milieu « pas facile », et rappelle qu’il a lui-même été échangé sept fois pendant sa carrière. « Je sympathise énormément avec ce que François Ouimet a vécu », a-t-il répété.

Mais jamais il n’a hésité, affirme-t-il, malgré la tournure des événements. « Jamais, répond-il. Ça a été une décision qui a été facile à prendre, parce que quand tu le ressens, quand tu as l’appel, c’est vraiment une vocation de se donner pour le public. Ça n’a pas été difficile de [me lancer]. »

Le premier ministre, Philippe Couillard, a salué à maintes reprises le travail effectué par le député sortant dans Marquette. « Mais on est également dans un monde en changement, un monde en renouveau, a-t-il affirmé. Et le message de notre formation politique pour l’élection générale qui approche, c’est : bien sûr, l’expérience, mais également le renouveau de l’équipe, pour faire en sorte d’aller encore plus loin. »

Pressé de questions par les journalistes sur les promesses qu’il avait faites à son député sortant, le premier ministre assure qu’il est un homme de parole. « J’ai tenu tous mes engagements auprès de la population et je tiens tous mes engagements auprès de tout le monde », a-t-il répondu avant de revenir sur les « candidatures de très grande valeur » qu’il présente.

« Je sais que c’est douloureux pour François, ce l’est pour moi aussi. Ce ne sont pas des moments ou des décisions qui sont agréables, il faut cependant les prendre dans l’intérêt supérieur du parti pour présenter la meilleure équipe possible à la population. »

Le problème, répète-t-il, c’est qu’il y avait trop de bonnes candidatures pour le nombre de circonscriptions disponibles. Mais en quoi M. Ciccone est-il meilleur que M. Ouimet, ont demandé les journalistes, ce à quoi le premier ministre a répondu : « Je ne l’aborderai jamais comme ça.

»

Démission de l’association libérale

Jeudi matin, Le Journal de Montréal publiait que l’association libérale de Marquette démissionnerait en bloc à la suite du départ de François Ouimet. « Je crois que beaucoup de gens du comté de Marquette — sans minimiser les mérites de M. Ouimet, encore une fois — vont se reconnaître dans ce qu’apporte Enrico : l’image du dynamisme, la jeunesse, une nouvelle voix en politique, un engagement évident pour la société, pour la jeunesse en particulier. Je crois qu’il y a là un message très fort qui va être bien accueilli par les citoyens de Marquette », a répondu le premier ministre.

« Je n’en fais pas [une affaire] personnelle », a soutenu à son tour le nouveau candidat. Ce dernier affirme avoir « tendu la main » au président de l’association libérale de Marquette, Patrick Carroll, dans un coup de téléphone passé mercredi soir. « J’ai appris ce matin en même temps que tout le monde qu’on passait à autre chose. Ce sera un défi de plus de constituer une nouvelle équipe. »