Le salaire des médecins au coeur d'un débat préélectoral

Des représentants des quatre principaux partis ont débattu sur le thème de la santé devant les étudiants en médecine, à l’Université de Montréal.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des représentants des quatre principaux partis ont débattu sur le thème de la santé devant les étudiants en médecine, à l’Université de Montréal.

C’était match préparatoire mercredi, alors que des représentants des quatre principaux partis débattaient sur le thème de la santé devant les étudiants en médecine, à l’Université de Montréal. L’intention de la Coalition avenir Québec (CAQ) de réduire à 90 minutes le temps moyen pour voir un médecin à l’urgence a occupé beaucoup de place dans les échanges, les adversaires du parti y voyant une promesse impossible à tenir.

« Actuellement, le temps moyen pour voir un médecin après le triage est de deux heures, expliquait François Paradis, député de Lévis et porte-parole en matière de santé et de services sociaux pour la CAQ. Pour atteindre la cible de 90 minutes, on établira des ententes avec des cliniques pour rediriger les gens. »

« C’est une promesse irréalisable. Personne au Québec ne croit à ça », a rétorqué Gaétan Barrette, le ministre de la Santé et des Services sociaux et candidat pour le Parti libéral du Québec (PLQ). « Si c’était quelque chose de faisable, je l’aurais fait moi-même. » « C’est du simplisme, du populisme d’un parti de droite pour attirer des votes », a-t-il ajouté.

« On a très hâte de voir comment un gouvernement de la CAQ réaliserait cette promesse », a dit, cynique, la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de santé, Diane Lamarre.

« On a un programme de 25 pages avec une trentaine de mesures, qui seront davantage expliquées [dans les semaines à venir], a répondu François Paradis. Nous sommes à l’écoute et nous avons des solutions à proposer. »

Amir Khadir, de Québec solidaire (QS), a quant à lui déclaré que le problème des urgences était symptomatique d’un système de santé nettement sous-financé depuis 25 ans.

Salaires trop salés ?

L’épineuse question de la rémunération des médecins est aussi revenue sur la table. La CAQ, le PQ et QS proposent tous de rouvrir l’entente, tandis que Gaétan Barrette estime que cette initiative est une perte d’énergie, parce que les ententes sont solidement ficelées. « Espérons que les signatures de MM. Barrette et Couillard n’ont pas été faites d’une manière qui nous a menottés », a indiqué M. Khadir, député sortant de Mercier, qui a ajouté que l’entente « est de l’ordre d’une magouille entre d’anciens médecins ».

À la CAQ, la réouverture de l’entente est capitale, parce que le financement de son programme en santé passerait par ces dollars versés « en trop ». « On s’est engagés à rouvrir l’entente avec les médecins spécialistes. Le gouvernement a donné un milliard de trop », a lancé M. Paradis. « Ce ne sera pas facile, mais nous allons négocier », a-t-il ajouté.

« Les médecins savent bien que, à certains niveaux, le contrat social avec la population a été brisé, a estimé Mme Lamarre. L’un de nos candidats au PQ, le médecin Éric Tremblay, est le vice-président de Médecins québécois pour un régime public. Il fait partie des 1000 médecins qui sont prêts à redonner leur augmentation salariale. »

Mode de rémunération

Le mode de rémunération des médecins était également au menu du débat. Pour la CAQ et QS, il est impératif d’inclure une composante fixe dans le salaire des médecins.

« Nous proposons de moderniser la rémunération des médecins, avançait M. Khadir. Le Commissaire à la santé a commandé un rapport il y a trois ans qui a revu les meilleures pratiques dans le monde. On s’en est inspirés pour proposer un plan de sortie de la rémunération à l’acte. Nous voulons l’accompagner d’une mesure de capitation [rémunération par patient] et d’une rémunération liée à la performance. »

Un débat devant la relève

Organisé par la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), le débat a aussi été l’occasion pour les porte-parole de s’adresser aux futurs médecins et de se prononcer sur les enjeux liés à la formation médicale.

Le modérateur a d’ailleurs demandé aux débatteurs comment ils comptaient faire augmenter le nombre de jeunes médecins s’orientant vers la médecine familiale.

« Il faudra revoir la rémunération des médecins omnipraticiens par rapport aux spécialistes pour rendre la médecine familiale plus attrayante », a répondu François Paradis. Pour Amir Khadir, il faut rendre les conditions de travail plus agréables pour augmenter la cohorte de médecine familiale.

La FMEQ représente tous les étudiants en médecine et les externes au Québec. Elle compte 3700 membres.

2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 9 août 2018 07 h 06

    Quel Parti va s'engager à

    exiger du PM Trudeau une demande à la Cour suprême du Canada d'un avis sur sa Loi-14/Aide médicale à mourir?
    Pour une plus grande clarté juridique si nécessaire et urgente.
    Pour plus d'humanité et de compassion.
    Pour infiniment plus de sérénité.
    Quel Parti?

  • Alain Massicotte - Abonné 9 août 2018 21 h 53

    Le salaire des médecins au coeur du débat préélectoral

    Les belles paroles de la présidente de la fmsq ne m'impressionne pas pas plus que les mots choisis par les différents porte paroles des différents partis politique ces belles paroles ne servent qu'a cacher leur mauvaise foi parce que personne n'a le courage d'admettre que le salaire des médecins sont absolument scandaleux , C'est souhaitable que le parti qui sera élu le 1 octobre reviendra sur cette entente pour la reviser :à la baisse ,