John Ciaccia: une carrière politique marquée par la crise d’Oka

John Ciaccia a notamment été ministre délégué aux Affaires autochtones lors de la crise d’Oka en 1990.
Photo: Archives La Presse canadienne John Ciaccia a notamment été ministre délégué aux Affaires autochtones lors de la crise d’Oka en 1990.

L’ancien député libéral québécois John Ciaccia, dont les 25 ans de vie politique provinciale ont été marqués par son rôle au ministère des Affaires autochtones lors de la crise d’Oka en 1990, est décédé mardi à l’âge de 85 ans.

M. Ciaccia s’est éteint à Beaconsfield, dans l’ouest de l’île de Montréal, où il vivait depuis plusieurs années.

Né à Jelsi, en Italie, en 1933, Giambattista Nicola Ciaccia n’avait que quatre ans lorsque sa famille est venue s’installer au Canada. Après avoir terminé des études à l’Université McGill, il a été admis au Barreau du Québec en 1957 et a pratiqué le droit pendant une douzaine d’années.

En 1971, il devient sous-ministre de Jean Chrétien alors que le futur premier ministre canadien dirige le ministère des Affaires indiennes et du Nord. Son expertise aux Affaires indiennes l’amène à épauler le premier ministre Bourassa lors des négociations pour la Convention de la Baie-James, signée avec les Cris et les Inuits du Nord-du-Québec en plein développement hydroélectrique.

John Ciaccia est élu député libéral de Mont-Royal pour la première fois en 1973, et il sera réélu cinq fois par la suite dans ce bastion anglophone fédéraliste ; il ne s’est pas représenté aux élections de 1998. Au fil des ans, il a été un membre important du cabinet de Robert Bourassa, ayant notamment détenu les portefeuilles de l’Énergie et des Ressources de même que des Affaires internationales.

Peu de temps après sa première élection à l’Assemblée nationale, il avait été suspendu du caucus libéral pendant près de deux mois, en 1974, lorsque le gouvernement Bourassa a adopté le « bill 22 » consacrant le français comme langue officielle du Québec. M. Ciaccia et son collègue libéral George Springate s’étaient joints à l’opposition en votant contre le projet de loi, adopté à 92 voix contre 10.

La crise d’Oka

Seize ans plus tard, il s’est retrouvé au coeur d’une autre tourmente lorsque, le 11 juillet 1990, une fusillade impliquant des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et des Mohawks à Oka s’est soldée par la mort de l’agent Marcel Lemay. Les Mohawks de Kanesatake voulaient empêcher que l’agrandissement d’un golf ne vienne gruger une pinède qu’ils considéraient comme sacrée.

M. Ciaccia était en désaccord avec son propre gouvernement et avec la SQ dans ce dossier, alors qu’il tentait de négocier un accord et d’empêcher de nouvelles effusions de sang. On s’est notamment moqué du fait qu’il avait accepté de signer une entente, devant les caméras, avec un Mohawk masqué. Après un été tendu qui a vu arriver l’armée canadienne à Oka, le conflit a été désamorcé en septembre, mais le ministre a perdu son portefeuille le mois suivant.

Une décennie après la crise d’Oka, M. Ciaccia a publié ses propres mémoires sur les événements. « La crise d’Oka a probablement été le moment le plus difficile que j’ai connu — mais le référendum de 1995 n’est pas loin derrière dans cette liste », estimait-il en 1998, après avoir annoncé sa retraite. Il était alors le député qui avait siégé le plus longtemps à l’Assemblée nationale du Québec.