Le Parti québécois met en cause le ministre Barrette pour le retard de nouveaux ambulanciers

Des jeunes ambulanciers finissants ne peuvent accéder au marché du travail parce que l’examen donnant le droit à l’exercice de la profession a été reporté à une date indéterminée à l’automne.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Des jeunes ambulanciers finissants ne peuvent accéder au marché du travail parce que l’examen donnant le droit à l’exercice de la profession a été reporté à une date indéterminée à l’automne.

La population du Québec est privée du secours d’une centaine d’ambulanciers en raison de la « mauvaise gestion » du gouvernement libéral, a dénoncé l’opposition officielle péquiste vendredi.

Des jeunes ambulanciers finissants ne peuvent accéder au marché du travail, en dépit d’une pénurie de main-d’oeuvre, parce que l’examen prévu en août qui donne le droit à l’exercice de la profession a été reporté à une date indéterminée à l’automne, en raison d’un problème administratif.

Le Parti québécois redoute les conséquences pour la population, malgré l’amélioration des services ambulanciers promise par le gouvernement Couillard.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a confirmé vendredi que la Direction médicale nationale, qui s’occupe de l’examen du Programme national d’intégration clinique (PNIC), était en réorganisation, à la suite du départ de sa grande patronne.

Le MSSS évoque une cinquantaine d’ambulanciers inscrits en attente, mais le quotidien Le Soleil rapportait quant à lui une centaine de cas.

« Je suis estomaquée de voir que la population du Québec est privée d’une centaine d’ambulanciers parce qu’une personne quitte son emploi, cela m’apparaît complètement absurde, incompréhensible », a déclaré la porte-parole péquiste en matière de santé, Diane Lamarre, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, vendredi.

Il s’agit selon la députée de Taillon d’un cas de « mauvaise gestion », d’un problème de gouvernance attribuable au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, autant en ce qui a trait à la centralisation de la responsabilité des épreuves qu’en ce qui concerne les périodes d’examen.

« Il y a un espacement dans les périodes où les examens sont disponibles, c’est sous l’ère de M. Barrette, et avec en plus les examens de reprise, il y a des ambulanciers qui sont privés d’un salaire, d’un emploi, et la population est privée de leurs services. »

Mme Lamarre réclame que les ambulanciers puissent eux-mêmes administrer les épreuves qui les concernent, à l’instar d’autres professionnels de la santé.

« Nos techniciens paramédicaux » seniors « devraient être capables de gérer les examens d’admission à la pratique, comme c’est le cas pour les infirmières, pharmaciens, etc. Pourquoi cela dépend d’un médecin ? Cela m’étonne. Et d’une seule personne ? »

La députée de Taillon a rappelé que le gouvernement s’était engagé à convertir les horaires de faction des ambulanciers dans plusieurs régions en horaires réguliers, donc améliorer la couverture du territoire, mais de l’avis de Mme Lamarre, cet engagement pourrait être compromis en raison des problèmes actuels de main-d’oeuvre.

Le ministère de la Santé n’a pas pu préciser les dates envisagées pour la reprise de l’examen, mais a indiqué que dans les années antérieures, l’épreuve se déroulait parfois à la fin d’octobre ou au début novembre, parfois en janvier ou février, ou encore en avril.