Grève illégale des grutiers: la FTQ convoquée par la ministre Vien

La grève avait débuté le jeudi 14 juin au chantier du nouveau pont Champlain à Montréal, avant de se généraliser à l’ensemble des chantiers, le lundi suivant.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La grève avait débuté le jeudi 14 juin au chantier du nouveau pont Champlain à Montréal, avant de se généraliser à l’ensemble des chantiers, le lundi suivant.

Une rencontre au sommet vient d’être convoquée à la suite de la grève illégale des grutiers, qui a pris fin mardi matin.

Le cabinet de la ministre du Travail, Dominique Vien, a fait savoir que des représentants du gouvernement du Québec — qui restent à être nommés — rencontreront à ce sujet la haute direction de la centrale syndicale FTQ. Et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec a confirmé l’information mardi après-midi. Mais son président, Daniel Boyer, n’a pas souhaité faire de commentaire pour le moment.

En fait, deux rencontres sont prévues, dont l’une avant les vacances de la construction. Et un comité indépendant sera créé « sur l’aspect sécuritaire du règlement », a affirmé le ministère du Travail. L’attaché de presse de la ministre, Florent Tanlet, a cependant assuré qu’il n’est « pas question de rouvrir le règlement » sur la formation des grutiers, qui a provoqué un tel mécontentement chez ceux-ci.

Réaction de Philippe Couillard

De son côté, à Washington, le premier ministre Philippe Couillard a indiqué que ce règlement qui a modifié la formation des grutiers, « c’est quelque chose qui est là pour simplifier l’industrie de la construction, dans le bon sens », alors que celle-ci est très encadrée, réglementée.

« On ne voit aucune évidence qu’il y a quelque impact que ce soit sur la sécurité des gens » avec ce nouveau règlement, a soutenu le premier ministre Couillard. Les grutiers soutenaient que le règlement met en danger la sécurité des travailleurs et du public. « À l’usage, on verra bien si effectivement les enjeux qu’ils ont décrits se produisent véritablement », a ajouté le premier ministre du Québec.

Le principal syndicat de grutiers est une section locale rattachée à la FTQ-Construction, elle-même affiliée à la FTQ, qui compte plus de 600 000 membres au Québec. La grève des grutiers aura duré environ une semaine, paralysant la plupart des chantiers de construction au Québec. La grève était illégale, puisque les conventions collectives qui lient les associations patronales et les organisations syndicales sont en vigueur jusqu’en 2021.

La grève avait débuté le jeudi 14 juin au chantier du nouveau pont Champlain à Montréal, avant de se généraliser à l’ensemble des chantiers, le lundi 18.

Malgré de nombreuses invitations à revenir au travail, tant de la Commission de la construction du Québec que du premier ministre Philippe Couillard, de la FTQ-Construction et du Conseil provincial, voire de la FTQ, les grutiers n’étaient pas revenus aux chantiers. Et ils avaient persisté vendredi dernier, même après une ordonnance de retour au travail prononcée par le Tribunal administratif du travail. Mais ils sont finalement revenus aux chantiers tôt mardi matin.