Couillard renvoie Trump faire ses devoirs au sujet du commerce

Le premier ministre québécois Philippe Couillard s'en est pris à Donald Trump à son arrivée à l'Assemblée nationale lundi.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre québécois Philippe Couillard s'en est pris à Donald Trump à son arrivée à l'Assemblée nationale lundi.

Le premier ministre Philippe Couillard a suggéré lundi au président américain Donald Trump de retourner faire ses devoirs, plutôt que de poursuivre dans la voie d’attaques et de menaces laissant planer la crainte d’une guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.

« Il faut qu’il connaisse peut-être davantage les éléments réels de la politique de son pays », a suggéré Philippe Couillard à son arrivée à l’Assemblée nationale.

« Prenez l’agriculture : M. Trump dit qu’il voudrait un système sans aucune barrière, sans aucun tarif. Eux-mêmes appliquent des tarifs énormes pour le sucre, le tabac et d’autres produits agricoles », a-t-il rappelé.

« [Les Américains] soutiennent de façon massive leur agriculture, contrairement à ce qu’ils disent, de façon directe ou indirecte. […] Alors le jour où il [Donald Trump] aura aboli tout ça aux États-Unis, on écoutera ce qu’il a à dire. »

Ripostes diplomatiques

Au terme d’un court passage au sommet du G7 à La Malbaie, le président Trump a annoncé, par le biais d’un tweet samedi soir, qu’il reniait sa signature dans la déclaration commune. Il a reproché à Justin Trudeau d’être « faible et malhonnête » et menacé le Canada d’imposer de nouvelles taxes dans l’industrie automobile.

Le Canada a répliqué, en refusant de se lancer dans une escalade d’attaques personnelles.

Dans un entretien avec La Presse canadienne, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a néanmoins assuré que le Canada avait toujours l’intention de riposter avec des mesures de rétorsion réciproques, le 1er juillet, et ce, bien qu’il le fasse « avec regret ».

« Je voudrais apporter mon soutien à M. Trudeau, qui a répondu avec fermeté, mais sans faire de surenchère verbale », a déclaré le premier ministre Couillard. « Ça ne veut pas dire qu’on approuve les conduites et les politiques de M. Trump, bien au contraire, mais ça ne sert à rien de se livrer à une surenchère verbale dans une situation comme ça. Il faut au contraire rester très ferme, très déterminé », a-t-il ajouté.

S’il s’est dit prêt à « se serrer les coudes » dans un scénario de guerre commerciale, il a néanmoins dit souhaiter que cette possibilité ne survienne pas. « Une guerre commerciale, ça me semble un scénario mauvais pour tout le monde. En général, une guerre commerciale finit par une défaite de toutes les parties », a dit le chef libéral. « Il faut continuer de rappeler aux États-Unis […] à quel point cette politique est nocive pour eux-mêmes. »