Femmes et politique: l’échantillonnage était «peu représentatif», fait valoir le PLQ

La députée libérale de Fabre, Monique Sauvé
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La députée libérale de Fabre, Monique Sauvé

En deux ans de travaux, la Commission des relations avec les citoyens (CRC) de l’Assemblée nationale a consulté un échantillon de personnes « bien petit et peu représentatif de l’ensemble des Québécoises et des Québécois », et c’est ce qui explique qu’elle ait accouché d’un rapport sur la présence des femmes en politique qui n’est pas « trop concret », a fait valoir jeudi la libérale Monique Sauvé.

Elle répondait ainsi aux commentaires déçus du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et des groupes de femmes, qui ont tour à tour dénoncé le rapport « bidon » ou « édulcoré » de la CRC.

Au moyen d’un sondage en ligne et de consultations, les membres de la CRC s’étaient donné le mandat de faire en sorte que « des changements concrets adviennent à court terme ».

Sauf qu’aucun groupe ayant participé aux consultations ne représente les femmes du secteur économique et les communautés autochtones, a rappelé Monique Sauvé.

« Il faut [donc] être prudent dans l’interprétation des résultats. […] On peut aller avec des pistes de recommandation, mais dans l’interprétation des résultats face à l’échantillon qui est présenté, un plan d’action trop concret serait hasardeux », a déclaré l’élue de Fabre, dans une tentative de défendre le rapport de la CRC.

Et puis, « malgré tous les efforts, l’échantillon est bien petit et peu représentatif », a-t-elle ajouté.

Les « petits pas »

Aux élues qui ont dénoncé l’absence de mention, dans le rapport, des débats entourant une loi sur la parité ou les mesures contraignantes, Monique Sauvé a servi un avertissement. « Dans le cas de la volonté d’avoir des quotas légaux, on n’est pas dans une tendance majoritaire à 50 % et plus », a-t-elle déclaré.

Le rapport de la CRC des citoyens indique que dix des quatorze témoignages recueillis lors des consultations étaient favorables aux quotas. « Quatre privilégient l’atteinte d’une zone paritaire qui se situe entre 40 % et 60 % des candidatures, tandis que six fixent la cible à 50 % », est-il écrit.

Parmi les 1019 Québécois ayant participé à un sondage Léger-Le Devoir en avril, 69 % ont dit croire que les « partis politiques devraient avoir autant de femmes que d’hommes parmi leurs candidats ».

Tant QS que le PQ ont dénoncé le manque de mordant du rapport de la CRC, insistant sur l’importance de faire des gestes concrets, puisque la présence féminine à l’Assemblée nationale oscille autour de 30 % depuis 20 ans.

QS a déposé jeudi un « livre rose » mettant en avant des bonus et des malus pour stimuler la présence des femmes en politique.