Soutien-gorge à l’école: la ministre Hélène David pour le libre choix

La ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David

Le soutien-gorge devrait-il être obligatoire à l’école ?

La ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, aimerait que le débat se fasse. Elle invite les directions d’école à se saisir, dès aujourd’hui, de cette question « extrêmement intéressante » et d’entamer une réflexion en collaboration avec les étudiantes.

La députée d’Outremont était appelée à commenter, mardi, l’intervention de la direction du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie auprès d’une adolescente qui ne portait pas de sous-vêtement sous son chandail.

Jeudi dernier, l’adolescente se serait présentée à cet établissement de Montréal avec un chandail qui laissait deviner sa poitrine. Invitée à se couvrir par la direction, elle aurait préféré quitter l’école et rentrer chez elle.

Depuis, plusieurs adolescentes ont choisi de ne pas porter le soutien-gorge à l’école par solidarité. Plus d’un millier d’entre elles ont d’ailleurs signé une pétition pour que le port du soutien-gorge à l’école soit optionnel.

« Les écoles peuvent probablement se gouverner là-dessus, qu’est-ce qu’on permet, qu’est-ce qu’on ne permet pas, a déclaré la ministre David en mêlée de presse. Est-ce qu’il y a une bonne réponse, une mauvaise réponse, moi je suis plutôt du côté de la liberté de choix, honnêtement. »

Après consultation, les écoles pourraient décider de rendre le soutien-gorge obligatoire, mais aucun règlement général ne s’appliquera au Québec, a-t-elle soutenu.

Par ailleurs, Mme David a encensé le directeur du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, Yves Petit, qui, au lieu de « se braquer », a choisi « d’en parler » et d’envoyer une lettre aux parents.

Au sujet des adolescentes qui contestent actuellement le port du soutien-gorge, elle les a qualifiées de « leaders avec de fortes personnalités ».

« À l’époque, dans les années 1970, les femmes brûlaient leur soutien-gorge et elles disaient : “C’est donc épouvantable, vous nous direz pas comment nous habiller”. On est 50 ans plus tard et on se dit la même chose.

« Bravo que les filles disent : “Vous ne nous direz pas comment m’habiller”, a ajouté la ministre. Ces filles-là sont vraiment extraordinaires, elles posent de vraies questions. »

En avril dernier, les « carrés jaunes », qui militent pour la réforme du code vestimentaire dans les écoles secondaires, ont célébré une première victoire dans l’école où le mouvement a pris son envol.

Le conseil d’établissement de l’école Joseph-François-Perreault, à Québec, a finalement autorisé les shorts à mi-cuisse et les camisoles à bretelles minces l’an prochain.