Le départ de Martine Ouellet rend Lisée «plus léger»

Selon Jean-François Lisée, les «militants du Bloc, les démissionnaires, ceux qui sont restés», doivent maintenant se «cracher dans les mains» et reprendre le travail en vue des élections fédérales d’octobre 2019.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Selon Jean-François Lisée, les «militants du Bloc, les démissionnaires, ceux qui sont restés», doivent maintenant se «cracher dans les mains» et reprendre le travail en vue des élections fédérales d’octobre 2019.

Le départ annoncé de Martine Ouellet de la direction du Bloc québécois rend Jean-François Lisée « plus léger », a-t-il convenu mardi, tout en soulignant que la question d’un éventuel retour de Mme Ouellet au Parti québécois « ne se pose pas ».

Esquivant plusieurs questions au sujet de Martine Ouellet, Jean-François Lisée a plutôt fait valoir en point de presse à Montréal que la démission de Mme Ouellet était une « occasion à saisir » pour le mouvement indépendantiste.

« Je veux dire à tous les indépendantistes à Ottawa : c’est le temps de saisir cette occasion, ce nouveau départ, et de se rassembler pour le bien du Québec et de l’indépendance du Québec, a déclaré M. Lisée. Les derniers mois ont été difficiles pour plusieurs. Maintenant, c’est le temps de passer par-dessus ça. »

Selon lui, les « militants du Bloc, les démissionnaires, ceux qui sont restés », doivent maintenant se « cracher dans les mains » et reprendre le travail en vue des élections fédérales d’octobre 2019.

Lundi, en annonçant sa démission, Martine Ouellet a indiqué qu’elle ne se « retire pas de la vie politique ». « Je vais continuer. Pour moi, rien n’est terminé. » Est-ce à dire qu’elle pourrait effectuer un retour au Parti québécois, où elle siégeait avant d’être élue chef du Bloc ?

Interrogé sur la question de savoir si la porte du PQ serait ouverte pour Mme Ouellet, Jean-François Lisée a répondu que « la question ne se pose pas, puisqu’elle [Mme Ouellet] a annoncé elle-même qu’elle ne se représentera pas » aux élections provinciales d’octobre.

Par contraste, quand un possible retour de Pierre Karl Péladeau au PQ avait été évoqué en janvier, M. Lisée avait rapidement indiqué qu’il « souhaitait bien sûr la venue [au PQ] de quelqu’un d’aussi fort, d’aussi déterminé ». Rien de cela mardi pour Martine Ouellet.

« Pas dans la controverse »

Rien non plus pour répondre directement aux nombreuses salves lancées la veille par Mme Ouellet. S’est-il senti visé par le discours haut en flammèches de la chef démissionnaire ? « Je ne suis pas dans la controverse, je suis dans l’action », a dit M. Lisée.

Et que pense-t-il du diagnostic que Martine Ouellet a fait du mouvement souverainiste, qu’elle qualifie de « malade » et de gangrené par les « luttes intestines » ? « Je ne suis pas dans la controverse, je suis dans le rassemblement », a cette fois indiqué le chef péquiste.

Réputé pour sa passion de l’analyse politique, M. Lisée a mentionné qu’il « laisse [aux médias le soin de] faire toutes les analyses voulues ». « Je me retiens à deux mains », a-t-il tout de même reconnu.

Le seul rôle qu’il a évoqué explicitement pour Martine Ouellet serait celui de faire la pédagogie de l’indépendance… quelque part en 2022, a-t-il glissé. « C’est une extraordinaire pédagogue pour l’indépendance du Québec. Et elle a un rôle à jouer de pédagogue pour l’indépendance. Ce sera à elle de voir, après son recul, quel rôle elle veut jouer. Mais certainement, lorsqu’on fera une offre indépendantiste aux Québécois en 2022, de savoir que Martine Ouellet sera sur les tribunes » serait un atout, a-t-il dit.