Robert Poëti ne sollicitera pas un nouveau mandat aux prochaines élections générales

Robert Poëti avait perdu son poste de ministre des Transports en 2016 avant de devenir ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles l’année suivante.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Robert Poëti avait perdu son poste de ministre des Transports en 2016 avant de devenir ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles l’année suivante.

Le ministre Robert Poëti a pris de court ses collègues — et même le premier ministre, Philippe Couillard — mercredi matin en annonçant son départ de la vie politique à la veille de l’élection du 1er octobre.

Le député de Marguerite-Bourgeoys, qui avait été officiellement investi en décembre pour le prochain scrutin, avait gardé ses réflexions et sa décision secrètes. Il a donc opté pour une annonce-surprise au caucus, sans aviser le premier ministre au préalable.

« Je pense qu’il ne faut pas faire une histoire avec ça. Moi, c’est ma façon de faire », a-t-il affirmé, se défendant d’avoir manqué de respect. « Si des gens pensent que ma relation avec M. Couillard est mauvaise, c’est inexact », a-t-il dit plus tard, précisant entretenir d’excellents liens avec le chef libéral.

 

Élu pour la première fois en 2012 dans l’équipe de Jean Charest, Robert Poëti a vécu un affront lors du remaniement effectué par Philippe Couillard en janvier 2016.

L’ex-policier avait été le seul élu à être exclu du conseil des ministres, peu de temps après avoir fait état d’irrégularités au sein du ministère des Transports (MTQ), qu’il dirigeait depuis 2014.

Le remaniement d’octobre 2017 a marqué la fin de son purgatoire : il est devenu ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles.

La controverse au MTQ, « je vous dirai qu’elle est constructive », a-t-il déclaré mercredi, se félicitant d’avoir « sonné l’alarme de façon positive ».

« Et je pense que nous avons réussi à donner de meilleurs outils à certains ministères, dont celui des Transports, pour contrer la collusion et la corruption et être plus efficaces », a-t-il soutenu.

Place au renouveau

Le premier ministre Couillard a dit en anglais ne pas avoir de regrets au sujet de l’épisode du remaniement de 2016, non sans mentionner avoir vécu certains « moments plus difficiles » avec Robert Poëti.

En guise de mot-clé, le chef libéral a répété l’expression « renouveau », pour contrebalancer les questions sur les quatorze départs jusqu’ici annoncés par des élus libéraux.

« Quand vous verrez l’équipe le jour du départ […] vous verrez que c’est l’équipe la plus renouvelée que le Parti libéral aura jamais présentée. Ce qui, en soi, est une bonne nouvelle pour la démocratie et pour notre formation politique », s’est-il réjoui.

Robert Poëti a travaillé à la Sûreté du Québec pendant près de trente ans avant de faire une courte carrière dans le milieu des communications.

Les rumeurs l’envoient désormais à la firme de sécurité Garda, qui l’a approché une première fois en 2016, dans la tourmente du remaniement.

Le principal intéressé a nié avoir l’intention d’entamer une nouvelle carrière chez Garda… pour l’instant. « Moi, aujourd’hui, je vous dis que je ne vais pas à Garda. Je verrai en octobre, mais actuellement, ce n’est pas ça », a-t-il assuré. « Je ne peux rien exclure », a-t-il ensuite déclaré.


   

           

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Quels députés ont annoncé leur départ?


           
 

Guy Ouellette reste

Un second député libéral, lui aussi un ex-policier de la Sûreté du Québec, s’est prononcé sur son avenir politique mercredi. Guy Ouellette, élu depuis 2007 dans Chomedey, briguera les suffrages en octobre.

L’élu de Chomedey est ciblé par une enquête de l’Unité permanente anticorruption(UPAC), qui a procédé à son arrestation le 25 octobre 2017. Il ne fait toujours face à aucune accusation et le fait qu’il estime n’avoir « rien à se reprocher » motive la poursuite de son implication politique.

Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le député Guy Ouellette fait l’objet d’une enquête de l’UPAC en raison de fuites dans l’enquête Mâchurer sur le financement et l’octroi de contrats publics.

Guy Ouellette a été exclu du caucus libéral au lendemain de son arrestation. Il a réintégré l’équipe libérale quelques semaines plus tard, non sans perdre la présidence de la commission des institutions — celle-là même qui a le pouvoir de convoquer l’UPAC à l’Assemblée nationale.

L’UPAC a déclaré avoir arrêté Guy Ouellette — pour des motifs qui demeurent vagues — dans le cadre d’une enquête de « vol [et de] diffusion illégale de documents confidentiels » provenant de l’opération Mâchurer, qui vise notamment l’ex-premier ministre libéral Jean Charest.