Gratuité scolaire: le PQ doit encore détailler son engagement

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Philippe Couillard se soucie des répercussions de la promesse du Parti québécois de « mettr[e] graduellement en place la véritable gratuité scolaire » sur l’accessibilité aux études universitaires.

« Lorsqu’il y a la gratuité des études universitaires, également, à chaque fois, il y a une limitation d’accessibilité », a averti le premier ministre dans une mêlée de presse lundi après-midi. « On ne peut pas avoir tout : la gratuité et l’accès illimité aux études universitaires. »

Le chef libéral s’engage quant à lui à « garder [les] frais de scolarité à un niveau abordable ».

À quatre mois des élections, les regroupements étudiants se réjouissent de voir la question de l’accessibilité aux études intéresser de nouveau la classe politique et médiatique.

L’état-major du PQ a, lui, été pris de court par le (petit) emballement autour de sa proposition. Il s’affairait à peaufiner les détails de sa proposition en vue d’une « annonce en bonne et due forme » d’ici au rendez-vous électoral. Mais le bout de phrase — « mettr[e] graduellement en place la véritable gratuité scolaire » — qui était enseveli dans sa plateforme électorale a attiré l’attention. Pour cause, le PQ, qui s’est rangé tantôt derrière le « gel », tantôt derrière l’« indexation » des droits de scolarité, a inscrit parmi les priorités d’un éventuel gouvernement péquiste la proposition adoptée par les participants du congrès de septembre dernier de « tendre vers la gratuité scolaire effective ».

Le PQ soulagera les étudiants issus d’un ménage disposant d’un revenu inférieur au revenu médian québécois du fardeau de leurs droits de scolarité d’ici le 1er octobre 2022, a précisé le chef Jean-François Lisée à la presse. Le parti songe à bonifier le Programme de prêts et bourses en conséquence. Il jongle aussi avec différentes idées visant à accroître l’accessibilité aux études supérieures sans toutefois entretenir des « étudiants à vie ». Parmi elles : fixer une limite de « trimestres » ou de « crédits » gratuits, a-t-on expliqué au Devoir.

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui était en première ligne de la mobilisation de 2012, accueille avec « beaucoup de scepticisme » la promesse du PQ. « C’est une proposition intéressante, mais il faut voir la gratuité scolaire plus dans un contexte […] d’éducation émancipatrice », a fait valoir François Desroches, du comité de direction.

L’abolition des droits de scolarité se traduirait par un manque à gagner de 926 millions pour les universités, indique le chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) Philippe Hurteau. La facture de la « gratuité scolaire intégrale » dans laquelle les frais afférents facturés aux étudiants seraient aussi assumés par l’État s’élèverait quant à elle à 1,05 milliard, ajoute-t-il.

Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec promettent tous deux de ne pas hausser les droits de scolarité au-delà de l’inflation. Le Printemps érable a marqué les esprits.