La CAQ présente plusieurs engagements en santé, mais peu de chiffres

Le chef de la Coalitoin avenir Québec
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le chef de la Coalitoin avenir Québec
La Coalition avenir Québec (CAQ) a profité de son conseil national, à Lévis, pour présenter samedi son plan en santé, un document pourvu quatre grandes orientations et de nombreux engagements, mais dénué de chiffres. 

« On vous a donné des orientations. Pendant la campagne électorale, vous aurez un cadre financier », a promis le critique caquiste en matière de santé, François Paradis, au terme d’une présentation d’une heure du plan « Orientations santé de la CAQ ». 

Au même moment, à Drummondville, le Parti québécois présentait aussi son plan en santé, qui promet de «mettre les patients au centre du système de santé».

Devant quelque 800 militants, le député de Lévis s’est engagé à réduire le temps d’attente moyen aux urgences de 45 minutes, pour le faire passer à 90 minutes. 

Il a aussi promis de revoir les tarifs de stationnement dans les hôpitaux: la CAQ souhaite y assurer la gratuité pendant deux heures, puis imposer un tarif maximal de sept à dix dollars par jour, selon les régions. « On se fait soigner, ce n’est pas pour se faire vider les poches », a lancé François Paradis aux militants, qui lui ont répondu par des applaudissements. 

Devant les journalistes, l’élu de Lévis a refusé de chiffrer cette promesse. « Vous le verrez, on le déterminera », a-t-il déclaré. « Mais fondamentalement, à ce chapitre-là, il y a un effort que les gens ne peuvent pas assumer. »

Le député a tout de même souligné la volonté de la CAQ de récupérer un milliard de dollars en renégociant l’entente avec les médecins spécialistes « de bonne foi » et « sur la base d’une étude comparative, en tenant compte du coût de la vie et de l’écart de richesse ». 

Son parti croit aussi pouvoir récupérer « des millions » en resserrant les règles d’incorporation des médecins. François Paradis a déclaré vouloir limiter l’incorporation des médecins sur la base de « conditions très précises », qu’il n’a néanmoins pas dévoilées. Il croit aussi pouvoir mettre la main sur des « centaines de millions de dollars » en luttant contre le surdiagnostic médical. La CAQ s’est d’ores et déjà engagée à renégocier l’entente avec les médecins spécialistes et à revoir le mode de rémunération des omnipraticiens pour y inclure des honoraires fixes. 

«Comment? Combien?»
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est activé sur Twitter pendant la présentation de François Paradis. « Les Québécois méritent des réponses à : Comment ? Combien ? Pas une liste de slogans ! », a-t-il écrit. 
 

« Vous aurez un cadre financier et des engagements financiers sur des propositions concrètes qui vous seront données, n’ayez pas peur », a répliqué François Paradis, en refusant de dire si les propositions caquistes se feront à coût nul. 

L’élu de Lévis a par ailleurs été applaudi par les militants lorsque l’un d’eux l’a imaginé à la tête du ministère de la Santé dans un éventuel gouvernement caquiste. Comme son chef, François Paradis a maintes fois dénigré le gouvernement Couillard en le qualifiant de « gouvernement de médecins ». Il a néanmoins refusé d’écarter la possibilité que le candidat — et médecin — Lionel Carmant puisse devenir ministre de la Santé sous une gouverne de la CAQ. « M. Legault sera à même de nommer celui ou celle qui sera le plus apte à mener le dossier. C’est sa prérogative, je vais le laisser aller et il va prendre la décision qui s’impose », a-t-il déclaré. 

Plus de place au privé
Le plan de la CAQ en santé s’ouvre par ailleurs à la possibilité de collaborer avec le privé, à condition que cela se fasse « en respectant le principe d’universalité qui garantit la gratuité des soins ». Le parti de François Legault souhaite ainsi augmenter l’utilisation des blocs opératoires et « favoriser la pluralité des fournisseurs de soins et de services » en faisant appel au privé. La CAQ entend donc « concrétiser de nouvelles ententes avec des cliniques privées de chirurgie pour que des patients soient opérés rapidement, aux frais de l’État », a résumé François Paradis. 

Les nombreux engagements du parti, dont certains doivent encore être définis dans la pratique — « valoriser le travail des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires », « prévenir et réduire les accidents mortels dans le réseau de la santé », par exemple — n’encouragent pas le « cynisme », s’est défendu François Paradis. « Ce qui rend cynique la population, c’est que tout ce qui a été promis n’a jamais été livré », a-t-il affirmé. « Ce qui rend la population cynique, c’est que cette réforme de la santé n’est pas aboutie, que 59 % des gens ne sont pas capables de voir leur médecin le jour même où le lendemain. »