François Legault assure s’être réconcilié avec le Canada

François Legault est demeuré flou sur le moment où il est passé d’indépendantiste à nationaliste.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne François Legault est demeuré flou sur le moment où il est passé d’indépendantiste à nationaliste.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, dit avoir acquis la certitude que « l’avenir passe à l’intérieur du Canada » quelque part entre l’automne 2011 et l’automne 2016.

À moins de cinq mois des élections générales, le favori des sondages est accusé, d’une part, d’étouffer ses convictions indépendantistes par le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, et, d’autre part, de ne pas avoir de convictions profondes sur le statut politique du Québec par le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

« Je me suis vraiment réconcilié avec le Canada », a répété l’ex-ministre péquiste lors d’une mêlée de presse jeudi. « Pour moi, c’est et ce sera toujours le Québec d’abord. Mais un Québec à l’intérieur du Canada », a-t-il insisté, reprochant à ses adversaires politiques de mener une « campagne de peur », en rappelant son « passé » péquiste dès qu’ils en ont l’occasion.

Pour moi, c'est et ce sera toujours le Québec d'abord. Mais un Québec à l'intérieur du Canada.

 

M. Legault demeure toutefois flou sur le moment où il est passé d’indépendantiste à nationaliste.

« Ça s’est fait au cours des années. Mes derniers mois au Parti québécois à crier “ On veut un pays sans vraiment y croire ”, ça m’a fait réfléchir », a-t-il dit, tout en ajoutant que sa réflexion a « continué à évoluer » après qu’il eut fondé la CAQ, en novembre 2011.

Chose certaine, la conversion était opérée lors de l’adoption de l’article 1 du programme signalant que la CAQ « est un parti nationaliste moderne, dont l’objectif premier est d’assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture », à l’automne 2016, a-t-il fait valoir jeudi.

Il n’en demeure pas moins que plusieurs fédéralistes demeurent réticents à l’idée d’appuyer l’ancien ministre des gouvernements Bouchard et Landry. À peine 13 % des non-francophones appuient la CAQ, selon le sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal publié le 12 mai dernier. M. Legault tente d’y remédier à coups de rencontres privées avec des membres de la communauté anglophone.

Avec Isabelle Porter