Les libéraux comptent sur les jeunes et les immigrants

Afin de faire face à la pénurie de main-d’oeuvre, le gouvernement libéral cherchera aussi à relever le taux d’emploi des personnes âgées de 60 à 69 ans.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Afin de faire face à la pénurie de main-d’oeuvre, le gouvernement libéral cherchera aussi à relever le taux d’emploi des personnes âgées de 60 à 69 ans.

Le premier ministre Philippe Couillard ambitionne de hisser le Québec dans le top 5 des champions de l’emploi de l’OCDE en tirant vers le haut le taux d’emploi du Québec de quelque 75 % en 2018 à près de 80 % en 2023. À moins de cinq mois des élections générales, il a dévoilé 47 mesures, nécessitant l’injection de 1,34 milliard de dollars en cinq ans, pour y arriver.

Selon les projections gouvernementales, le marché du travail québécois devra pourvoir plus de 1,3 million d’emplois dans la prochaine décennie. L’État mise sur les jeunes pour occuper 702 000 d’entre eux (54 %) et sur les immigrants pour occuper 285 000 d’entre eux (22 %) d’ici 2026.

Pourtant, une « très légère hausse » des seuils d’immigration figure dans les cartons du PLQ pour 2018-2022, a précisé M. Couillard lors de la présentation de la « Stratégie nationale sur la main-d’oeuvre 2018-2023 : le Québec à l’ère du plein-emploi », mardi après-midi.

L’immigration constitue « une » solution aux problèmes de manque de main-d’oeuvre, a-t-il souligné, alors que la CAQ puis le PQ ont levé le voile sur leur plateforme électorale en matière d’immigration.

À cet égard, le PLQ promet de favoriser la participation des personnes immigrantes qui se sont établies au Québec depuis cinq ans ou moins au marché du travail, notamment en augmentant la « rapidité de la reconnaissance de [leurs] compétences ».

Francisation

Le gouvernement libéral veut voir le taux d’emploi de ces nouveaux arrivants bondir de dix points en cinq ans : de 60,6 % en 2017 à 72 % en 2023, ce qui résorberait l’écart de 3,5 points dans cette catégorie entre le Québec et l’ensemble du Canada.

« Personne ne peut nier le fait que la nécessité de francisation, c’est un obstacle supplémentaire qui n’existe pas dans les autres provinces canadiennes », a mentionné M. Couillard. Le chef du gouvernement demeure néanmoins convaincu que la francisation « passe par l’emploi, aussi ». « Insister encore davantage pour la francisation en milieu de travail, pour moi, c’est une piste gagnante », a-t-il dit mardi.

Recrutement à l’étranger

D’autre part, le gouvernement libéral compte soutenir davantage les efforts de recrutement à l’étranger des PME tout en réduisant de 32 à 6 mois le délai pour la remise d’un certificat de sélection du Québec. Il promet aussi de mettre en place un système de « déclaration d’intérêt » pour la sélection des personnes immigrantes.

Celui-ci permettra de « sélectionner des candidates et candidats qui présentent un profil recherché sur le marché du travail, qui ont une bonne connaissance du français et un grand potentiel d’intégration », peut-on lire dans la Stratégie.

Grâce à cette déclaration d’intérêt, l’État québécois pourra mieux mesurer l’« intensité de leur désir de s’intégrer au marché du travail et parfois même de s’établir en région », est persuadé M. Couillard.

« On va le voir dans la façon dont la personne exprime son intention [d’émigrer au Québec] : quelle est [son] projet de vie au Québec », a-t-il indiqué.

Travailleurs âgés

Afin de faire face à la pénurie de main-d’oeuvre, le gouvernement libéral cherchera aussi à relever le taux d’emploi des personnes âgées de 60 à 69 ans — de 33,9 % en 2018 à 40,3 % en 2023 — au cours des cinq prochaines années.

« On est déjà en bonne voie. Il s’agit [de déployer] des mesures fiscales appropriées et aussi [d’effectuer] des assouplissements dans l’organisation du marché du travail », a fait valoir le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

M. Couillard a tué dans l’oeuf l’idée de tirer vers le haut l’âge de la retraite ou encore d’adopter des « mesures coercitives » pour contraindre les Québécois à demeurer plus longtemps sur le marché du travail.