Le PQ promet de stimuler l’immigration en région

La députée Catherine Fournier prendra part à une conférence de presse mardi avec son collègue Sylvain Gaudreault et leur chef, Jean-François Lisée, pour faire l’annonce de ces nouvelles propositions.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La députée Catherine Fournier prendra part à une conférence de presse mardi avec son collègue Sylvain Gaudreault et leur chef, Jean-François Lisée, pour faire l’annonce de ces nouvelles propositions.

Un gouvernement péquiste se donnerait comme objectif dans un premier mandat d’attirer un immigrant sur quatre en région.

S’il forme la majorité aux élections du 1er octobre, le Parti québécois entend ainsi inverser la tendance actuelle qui veut que 90 % des néo-Québécois s’installent dans la région métropolitaine.

Selon les informations obtenues par La Presse canadienne, un éventuel gouvernement Lisée accorderait ainsi davantage de points dans la grille de sélection des travailleurs qualifiés à une offre d’emploi validée en région, pour les inciter à faire ce choix.

Objectif : que 25 % des nouveaux arrivants s’installent ainsi en région à terme, au bout de quatre ans de mandat.

« C’est une cible réaliste », a affirmé en entrevue téléphonique lundi la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, qui prendra part à une conférence de presse mardi avec son collègue Sylvain Gaudreault et leur chef, Jean-François Lisée, pour faire l’annonce de ces nouvelles propositions en matière d’immigration.

Dans la grille actuelle, 8 points sont accordés à un candidat à l’immigration économique qui a une offre validée à Montréal et 10 quand l’offre est en région, sur un total de 99 points quand il immigre seul.

« C’est un peu aberrant qu’il y ait une si faible différence, ce n’est pas très attrayant », a fait remarquer Mme Fournier.

Le PQ ferait passer le « boni région » de la grille de sélection de 10 à 16 points, soit le double de celui de Montréal, pour que le candidat voie bien la différence et que cela l’incite à faire une demande en région, a expliqué Mme Fournier.

En outre, le Parti québécois effectuerait une autre modification dans la grille de sélection : même si le candidat n’a pas l’offre d’emploi préalable en région, il pourrait aussi obtenir des points supplémentaires s’il manifeste son intention de s’installer en région.

Le nombre de points qui serait attribué dans ce cas n’est pas encore déterminé, mais il le sera ultérieurement.

« On montrerait ainsi notre intérêt à ce qu’ils s’installent en région », a-t-elle commenté.

Dans le contexte de la pénurie de main-d’oeuvre et du déclin démographique, c’est le signal qu’il faut envoyer, a laissé entendre Mme Fournier.

De surcroît, « l’immigration en région a fait ses preuves » en matière d’intégration et de francisation, quand on donne aux régions les ressources pour y arriver, a-t-elle conclu.

Le programme « Un emploi en sol québécois »

Le PQ élargirait également le programme actuel « Un emploi en sol québécois », piloté par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Ce programme populaire a permis d’offrir 2500 emplois en région à de nouveaux arrivants installés à Montréal. Ils étaient jumelés à certaines régions par des chambres de commerce, qui nolisaient notamment des autocars pour leur faire visiter les lieux et rencontrer des employeurs.

Ce programme couvre un certain nombre de régions, mais les péquistes veulent l’étendre dans l’est, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord, des régions qui ne sont pas admises actuellement. Ils veulent également rendre ce programme permanent.

Le programme a été financé à raison de trois millions de dollars pour trois ans dans le budget Leitão de mars 2018.

Le Parti québécois entend également présenter mardi un « texte majeur », sa « réflexion la plus complète jamais proposée en matière d’immigration et d’intégration », a-t-on dit dans les instances du parti, mais il n’a pas été possible d’en connaître la teneur.

« Les gens seront ainsi en mesure de comparer les propositions rigoureuses, sensées et réalistes du PQ au programme d’amateur de la Coalition avenir Québec », a affirmé une porte-parole du parti.

L’immigration est un thème récurrent qui se dessine dans cette année électorale, notamment en raison de l’afflux de demandeurs d’asile qui traversent de façon irrégulière la frontière du Québec en provenance des États-Unis.

La semaine dernière, dans un discours à Québec, le premier ministre Philippe Couillard avait affirmé que, dans la réforme de l’immigration pilotée par le ministre David Heurtel, le Québec accorderait davantage de points aux candidats à l’immigration qui manifestent l’intérêt de s’installer en région.

De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) a dévoilé récemment un document d’orientation sur l’immigration.

Les immigrants dits « économiques » seraient soumis à trois exigences, liées à des évaluations : d’abord, une maîtrise suffisante du français, sinon le cours de francisation serait obligatoire ; deuxièmement, la connaissance des valeurs québécoises telles qu’elles sont énoncées dans la Charte des droits et libertés de la personne ; troisièmement, la recherche active d’un emploi, à moins d’en avoir déjà un.

Les nouveaux arrivants auraient trois ans pour démontrer à l’État qu’ils respectent ces trois exigences. En cas d’échec aux évaluations, ils obtiendraient une prolongation d’une année.

En cas d’échec, un gouvernement caquiste transmettrait un avis au fédéral pour l’informer de la présence d’une personne sans statut et le laisserait décider des mesures à prendre.

9 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 22 mai 2018 07 h 31

    Je gage que cette proposition progressiste, sera ignorée des journalistes, manière générale...!

  • Alain Larouche - Abonné 22 mai 2018 07 h 48

    Bravo!

    Une excellente politique qui permettra de répondre aux rēgions qui en ont grandement besoin pour contrôler le flux d’immigrants qui s’installent à Montréal dans une ghettorisation néfaste qui limite l’intégration dans la société Franco-québécoise. Associé à ça la priorisation de la langue française dans les critères de sélection, cela ajoute davantage qui aideront grandement à la réussite à la nouvelle société d’accueil.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 23 mai 2018 17 h 32

      Il existe actuellement un mantra, qui doit être démasqué et qui commence à l’être, à l’effet que le Québec a absolument besoin de plus d’immigrants. Aucunement prouvé. On prend exemple que dans une région on manque de tel type de travailleurs (parce qu’on ne les paye pas assez ou qu’on n’a pas préparé la relève) pour dire qu’il faut aller chercher des travailleurs dans d’autres pays. Pourquoi ne pas former ici nos gens en conséquence, les médecins et les infirmières par exemple, ou les techniciens qu’on désire ?

      De plus, l’immigration incontrôlée de personnes sans grandes compétences ne résulte qu’en une diminution des salaires des faibles salariés, comme il a été amplement observé et démontré aux États-Unis. Et cette diminution se répercute aussi à la baisse sur l’ensemble des salaires. C'est pourquoi l'immigration est si bien vue des Chambres de commerce, des industriels et des financiers.

      L’avenir du Québec passe plutôt par une meilleure instruction donnée à nos enfants, et par des efforts soutenus en recherche et développement. Nous serons alors plus productifs. L’augmentation de notre productivité est la vraie la clef de notre survie comme peuple francophone et la clef de la santé économique et sociale du Québec.

      Avec une immigration galopante dont une trop grande proportion n’arrive pas à s’intégrer à la majorité francophone du Québec, on assiste actuellement à un ethnocide, à un génocide culturel.

      Si, et seulement si on a besoin d’immigrants, ce qui n’est pas prouvé, vu que leur taux de chômage est le double de celui des "autochtones", on devrait aller les chercher dans des pays aux cultures et traditions plus près des nôtres, comme par exemple les Européens de souche latine ou encore de Sud-Américains. Et commencer par attirer ici les francophones hors-Québec. Quand on voit le fiasco de l’immigration non-intégrée en Europe, on est en droit d’être très sélectifs et circonspects ici au Québec.

  • Marguerite Paradis - Abonnée 22 mai 2018 07 h 53

    LE QUÉBEC, C'EST AUSSI LES RÉGIONS

    Il me semble que l'intégration des immigrantEs en région serait une très belle démontration du vouloir vivre-ensemble au Québec.

  • Micheline Gagnon - Abonnée 22 mai 2018 09 h 00

    C'est quoi l'immigration économique au juste?


    J'ai cherché et voici la seule référence que j'ai trouvée: «L’immigration permanente se subdivise en trois catégories : l’immigration économique (67 %, comprenant les travailleurs qualifiés, gens d’affaire, aides familiaux, etc.); le regroupement familial (23,9 %); les réfugiés (8,1 %) et autres immigrés admis pour motifs humanitaires ou d’intérêt public (1 %)» http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/po

    Si cette définition est correcte, on viendrait chercher les travailleurs qualifiés et les immigrants investisseur de Montréal pour les diriger vers les régions. Il en résulterait que les réfugiés et autres immigrés admis pour motifs humanitaires continueraient d'habiter en ghettos (généralement dans les quartiers les plus pauvres) à Montréal car ce sont eux qui vivent une situation d'insécurité qui les porte à se rassembler. Si j'ai raison, on repassera pour la démonstration du vouloir vivre ensemble... Misère, j'espère que j'ai tort.

  • Paul Gagnon - Inscrit 22 mai 2018 09 h 33

    Stop

    Pas d'immigration pour le temps que ça prendra afin d'intégrer ceux qui sont déjà là. Faire le tour de la question publiquement et non en cachette comme actuellement, en s'appuyant sur des slogans basés sur des prémisses non démontrées.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 22 mai 2018 17 h 34

      Selon un rapport de l'Institut Fraser, les immigrants sont un fardeau fiscal de 20 milliards de $ par année pour le Canada. (http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britan )

      L'Institut Fraser explique que ce fardeau fiscal est dû au fait que les immigrants payent moins en impôts que le coût des services qu'ils reçoivent du gouvernement.

      Le Canada est l'un des pays avec le plus haut niveau d'immigration au monde par habitant. C'est aussi la deuxième destination d'immigration au monde derrière les États-Unis. Le Québec n’est pas de reste, avec 55 000 immigrants par année, dont la moitié s’intègrent aux anglophones et dont une bonne partie ne veulent pas s’intégrer à la culture québécoise en voulant continuer à vivre comme dans leur pays d’origine, avec des valeurs diamétralement opposées aux nôtres.

      Proportionnellement, l’immigration serait donc un fardeau de 4 milliards de $ par année pour le Québec.

      Oui, il faut se demander qu’est-ce que l’immigration nous apporte. Voir à ce sujet l’ouvrage fondamental : « Impact de l'immigration - Dépasser la pensée magique » dans ( http://www.ledevoir.com/politique/quebec/289137/im )