Couillard fait le pari de la «continuité» avec Leitão

Philippe Couillard a qualifié Carlos Leitão de «ministre des Finances le plus respecté au Canada actuellement», lundi.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard a qualifié Carlos Leitão de «ministre des Finances le plus respecté au Canada actuellement», lundi.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) n’a rien à envier à la nouvelle recrue de la Coalition avenir Québec (CAQ), l’économiste Éric Girard, puisque son chef Philippe Couillard fait le pari que les Québécois choisiront la « continuité » lors de l’élection d’octobre 2018.

« Bienvenue en politique », a lancé lundi le premier ministre au premier vice-président et trésorier de la Banque Nationale, qui briguera les suffrages dans la circonscription de Groulx, dans les Laurentides. « On a avec nous Carlos Leitão, l’économiste, le ministre des Finances le plus respecté au Canada actuellement et un des meilleurs au Québec au cours des dernières années. Alors ma question c’est : pourquoi changer ? », a-t-il demandé, en marge d’une présentation devant la Chambre de commerce de Québec.

Face au gratin d’affaires de la Capitale-Nationale, Philippe Couillard a adopté une posture rappelant celle de l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, qui avait répété en campagne qu’il fallait « regarde [r] où on était il y a quatre ans ».

« Le Québec va mieux qu’en 2014. Il va beaucoup mieux. Ce n’est pas le moment de briser cet élan », a fait valoir le chef libéral, dans un discours qui a pris des airs de bilan.

Futur « ministre des Finances » ?

À 300 kilomètres de là, dans la ville de Boisbriand, la CAQ présentait celui en qui elle voit déjà la stature d’un ministre des Finances. Éric Girard, 50 ans, est trésorier de la Banque Nationale depuis 2011. Dans Groulx, il mènera une campagne sur un territoire caquiste depuis 2011, mais arraché par quelque 256 voix seulement en 2014.

En évoquant un « ajout de taille pour le Québec », le chef François Legault n’a pas caché son ambition de confier les finances du Québec à Éric Girard advenant l’élection d’un gouvernement caquiste en octobre.

Éric Girard s’est présenté sous la bannière conservatrice aux élections fédérales de 2015. Dans le bastion libéral de Lac-Saint-Louis, dans l’ouest de Montréal, il n’a pas fait le poids devant le candidat de l’équipe de Justin Trudeau, Francis Scarpaleggia. En campagne, il a défendu la décision des conservateurs de Stephen Harper de cesser la livraison du courrier à domicile et déclaré que « tous, au Canada et au Québec, devraient payer moins de taxes et d’impôts ».

Volte-face des libéraux sur la déclaration d’impôts unique

Le premier ministre Philippe Couillard s’est dit d’accord lundi avec la proposition du Parti conservateur du Canada, qui suggère d’implanter une déclaration d’impôts unique pour les Québécois. Le chef libéral marquait là une volte-face par rapport à la position de son collègue Martin Coiteux, qui s’était montré ouvert en 2015 à la possibilité que Québec cède la perception de ses impôts à Ottawa. Philippe Couillard avait alors déclaré qu’il était « possible » que l’exercice soit confié à Ottawa. Au cours de la même période, le premier ministre avait pris l’engagement de s’entendre avec Ottawa, d’ici la fin de son mandat, afin que soit confiée à Québec le traitement d’une déclaration de revenus unique. Tous les partis d’opposition sont favorables à un tel rapatriement. Ils profitent désormais de l’appui du premier ministre, à condition que la perception d’impôts « soit administré [e] au Québec et que le Québec conserve entièrement sa liberté de manoeuvre et sa liberté de choix pour ses politiques fiscales ».