La CAQ raffermit ses appuis

Selon le nouveau sondage, les intentions de vote pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, se stabilisent.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Selon le nouveau sondage, les intentions de vote pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, se stabilisent.

Pendant que les appuis de la Coalition avenir Québec (CAQ) se stabilisent — comme si le ciment commençait à durcir —, les libéraux enregistrent de nouveaux reculs qui annoncent une campagne électorale difficile, révèle un nouveau sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal. Surtout, la CAQ s’impose maintenant comme le parti de l’économie, pourtant l’ADN des libéraux.

À moins de cinq mois des élections, la CAQ recueille 35 % des intentions de vote, selon ce coup de sonde réalisé pour Le Devoir, LCN et Le Journal de Montréal. C’est une hausse d’un point depuis avril. Rien de significatif à cet égard, mais cela confirme une tendance détectée en octobre dernier et constante depuis, alors que la CAQ se maintient toujours autour du même niveau d’appui.

Derrière, les libéraux essuient ce mois-ci un recul de trois points qui les ramène au creux de 26 % déjà enregistré en mars. Cela veut donc dire que l’écart entre les libéraux et les caquistes est actuellement de neuf points en faveur de la CAQ, alors qu’il était de cinq points en avril.
 

 

« C’est une variation significative et importante », estime Christian Bourque, vice-président de la firme de sondage.

Tant le Parti québécois (PQ, 22 %) que Québec solidaire (QS, 10 %) voient leurs appuis stagner (une hausse d’un point dans chaque cas). « Le PQ est dans le même intervalle depuis un an, note M. Bourque. C’est le plancher et le plafond à la fois. »

Chez les francophones, les appuis restent également aux mêmes niveaux : 41 % pour la CAQ, 16 % pour les libéraux et 26 % pour le PQ. Avec ces données, Léger estime que la CAQ est au seuil d’un gouvernement majoritaire.

Mais au-delà des seuls chiffres d’intentions de vote, le message de ce sondage se révèle plus clairement dans d’autres indicateurs, peu favorables aux troupes du premier ministre Couillard. Il y a un mois, 27 % des répondants croyaient que les libéraux allaient gagner les élections : ils sont aujourd’hui 22 % à croire la même chose, contre 37 % qui pensent que c’est la CAQ qui va lever les bras en signe de victoire le 1er octobre.

L’insatisfaction à l’égard du gouvernement est en hausse de trois points, pour s’établir à 69 %. Un même pourcentage de répondants dit souhaiter un changement de gouvernement, alors que seulement 14 % veulent continuer avec l’équipe en place. On trouve même un sympathisant libéral sur cinq (21 %) qui souhaite un changement de gouvernement…

Volonté de changement

Cette volonté de nouveauté profite à la CAQ. Trois répondants sur dix estiment que c’est le parti qui incarne le plus le changement. QS arrive deuxième dans cette catégorie.

Autre indicateur intéressant pour les caquistes et François Legault : la CAQ serait le plus grand bénéficiaire d’un changement d’opinion chez les électeurs péquistes ou libéraux (le « deuxième choix »).

« Ça augure bien pour la CAQ », croit Christian Bourque en regardant ces chiffres. D’autant que la CAQ semble avoir ravi aux libéraux le titre du parti qui est présumé champion de l’économie et de l’emploi.

Les répondants avaient ainsi à dire quel parti, à leur avis, serait « le meilleur » pour s’occuper d’une trentaine de dossiers. C’est la CAQ qui domine — et de loin — dans toutes les questions économiques : meilleur parti pour gérer les finances publiques, pour baisser les taxes et les impôts, pour aider les entrepreneurs et la création d’entreprises, pour stimuler le développement économique régional…


Les libéraux ne se démarquent nulle part parmi ces 30 dossiers — tout au plus arrivent-ils à égalité avec la CAQ pour « atteindre un surplus budgétaire » et avec le PQ pour « faire rayonner le Québec à l’étranger ».

Le PQ, d’ailleurs, conserve le pôle en matière de promotion de la culture québécoise, de protection de la langue française et de francisation des immigrants.

« Qu’est-ce qui a changé depuis un mois pour les libéraux ? se demande Christian Bourque. Je crois que les départs des dernières semaines [plusieurs ministres ont indiqué qu’ils quitteront la vie politique, dont deux piliers du gouvernement Couillard] commencent à peser lourd. »

« C’est signe que ça ne va pas super bien quand l’équipage part. C’est comme si les libéraux envoyaient le message d’une défaite appréhendée. »

Rien n’est toutefois joué, ajoute-t-il. Il reste de longs mois avant les élections, et on a vu à plusieurs reprises dans les dernières années qu’une campagne électorale peut renverser des tendances (au fédéral en 2011, au provincial en 2014 et à Montréal en 2017).

Le sondage montre quant à lui que la moitié des répondants pourraient encore changer d’idée. « Il risque d’y avoir encore du mouvement », prévoit M. Bourque.
 

 

Le sondage a été réalisé en ligne du 4 au 8 mai auprès de 1018 personnes. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.

Les politiciens ? Bof…

À l’heure où les partis politiques sont en pleine campagne de recrutement de candidats, des données du sondage Léger publié samedi montrent à quel point la population a une piètre opinion des politiciens.

Quelque 45 % des répondants considèrent en effet que les politiciens sont « plutôt corrompus », alors que 35 % estiment qu’ils sont « plutôt intègres ». Ils sont 55 % à penser que les politiciens sont « plutôt menteurs », alors que 29 % les jugent « plutôt honnêtes ». Autre indicateur peu flatteur : 57 % des répondants considèrent que les politiciens pensent davantage à leurs intérêts personnels plutôt qu’au bien de la collectivité (24 %), ce qui est pourtant le fondement de l’action politique.

N’empêche que la moitié des répondants (52 %) leur accordent qu’ils « travaillent fort » (le quart pensent toutefois le contraire).

Ah, et une dernière donnée avant de se lancer dans la campagne : 84 % des répondants ne croient pas aux promesses électorales…
8 commentaires
  • Josée Duplessis - Abonnée 12 mai 2018 06 h 40

    Occupation double

    Les électeurs ne croient plus aux promesses électorales. D'accord mais à quoi croient-ils?
    Est-ce que seulement l'idée du changement habite leur penseés?
    Est-ce que quand ils affirment que la CAQ va s'occuper mieux de l'économie ils sont vraiment certains de ça?
    Est-ce qu'Ils ont réfléchi aux services qu'ils n'auront peut-etre pas car l'état ne sera plus en mesure de les donner?
    Est-ce que nous sommes vraiment rendus à un point tel que l'électorat vote comme s'il le faisait pour l'émission la Voix ou Occupation double?
    Sommes-nous rendus tellement bas que l'on vote sans connaitre ce que l'on nous propose? Je pense que oui.
    Le changement. À propos de changement, il y a le climat qui a changé depuis quelques temps et ce n'est pas pour le mieux.
    Le goût du poulet a changé depuis quelques années. Il est moins bon. (cynisme)
    Avez-vous demandé aux sondés s'ils connaissaient le programme de la CAQ, du PLQ, du PQ et de QS?
    Non car les résultats serainet très différents.
    Les gens veulent avoir des services pour leurs enfants, lesur aînés. Les gens veulent être soignés adéquatement et sans trop de délai.
    Du changement? ok. Bonne chance!!!
    Moi j'aimerais mieux être ailleurs.

  • Michel Lebel - Abonné 12 mai 2018 09 h 01

    Le désir de changement

    J'ai bien de la difficulté à imaginer François Legault premier ministre. Ni son parti comme parti gouvernemental. Il me semble que les deux ne font pas le poids. Comme jadis l'ADQ de Mario Dumont. Mais aucun doute, l'électorat veut du changement. Tout cela devrait aboutir à un gouvernement minoritaire. Les Québécois demeurent toujours Normands, soit prudents!

    M.L.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 12 mai 2018 09 h 04

    Meme s'il est tellement évident

    que nous devons éliminer du pouvoir les libéraux de Couillard.J'avoue mon incapacité à voter CAQ.Je ne blame pas ceux qui le feront
    mais combien parmi ceux-ci sont des souverainistes qui voteront "stratégiques"sachant comme Legault qu'il sera toujours pratiquement
    impossible de s'épanouir dans le Canada. Souvenez-vous de la phrase d'un "ptit gars de chez nous" :"Le magazin est fermé." et de plus
    en plus à double tour.

  • Marguerite Paradis - Abonnée 12 mai 2018 09 h 10

    CRÉER DES MCJOBS

    Très facile de « stimuler » la création d'emplois précaires, c'est ce qui se fait depuis les années '80.
    Quels types d'emplois avec quelles condtions de travail la CAQ a en tête? J'ai déjà une bonne idée avec son candidat de St-Jérome...

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 mai 2018 09 h 40

    La remontée du PQ passe par le discours économique

    En décembre 2017, j’écrivais le texte ‘La remontée du PQ passe par le discours économique’.

    Or ce sondage confirme que les deux partis en avance sont ceux qui se battent pour être perçus comme champion de l’économie.

    Il y a cinq mois, j’écrivais : « D’ici au scrutin, le PQ devrait passer en revue les principaux éléments de son programme politique et étayer chacun d’eux avec des arguments économiques simples mais indiscutables.

    Ces arguments, il les martèlera devant tous les milieux d’affaires du Québec afin de saper la base électorale de la CAQ et du PLQ. L’important n’est pas d’en faire des indépendantistes mais de leur faire réaliser que les politiques économiques du PQ sont les plus efficaces et correspondent aux intérêts de leurs entreprises. »

    Au niveau de certains comtés, il pourrait être nécessaire de mettre en avant le solide programme social du PQ, mais globalement, le PQ doit demeurer lui-même tout en butinant le centre-droite, là où se trouvent l’essentiel des votes.

    Cinq mois se sont écoulés depuis la publication de ce texte. Le PQ a tenté diverses stratégies intéressantes qui n’ont pas donné de résultat. Si on essayait autre chose…

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 12 mai 2018 17 h 06

      En effet, le $ parle aux gens.