Les partis d’opposition s'entendent pour réformer le mode de scrutin

Une révision du mode de scrutin permettrait d’instaurer la proportionnelle mixte compensatoire avec listes régionales.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Une révision du mode de scrutin permettrait d’instaurer la proportionnelle mixte compensatoire avec listes régionales.

Il faudra le voir pour le croire. Mais d’ici là, tous les partis d’opposition se sont engagés mercredi, signatures à l’appui, à réformer le mode de scrutin s’ils prennent le pouvoir, avec ou sans l’accord des libéraux.

Parce que ces derniers ont une fois de plus opposé une fin de non-recevoir à une révision du mode de scrutin, qui permettrait d’instaurer la proportionnelle mixte compensatoire avec listes régionales. Quelque sept élus libéraux se sont déplacés devant les médias pour défendre le statu quo.

« Cette proposition nous semble, à première vue, causer un préjudice profond envers les régions du Québec », a déclaré la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil. À son avis, une réforme du mode de scrutin « affecterait la stabilité des gouvernements successifs, la représentation des régions et [la reddition de comptes] des députés envers la population ».

Le ton a changé depuis 2004. À l’époque, le gouvernement libéral de Jean Charest suggérait dans un avant-projet de loi d’instaurer un système de représentation proportionnelle, qui impliquait la réduction du nombre de députés de circonscription à 77 et créait 50 sièges compensatoires pour des députés issus de listes.

Les indépendantistes

L’adhésion du Parti québécois (PQ) à un projet visant à réviser le mode de scrutin marque aussi un changement de cap. Le parti avait fait disparaître en 2011 cette proposition, incluse dans son programme depuis 1969.

La proposition de listes régionalisées et la possibilité « d’additionner tous les députés indépendantistes en 2022, qu’ils soient du Parti québécois ou de Québec solidaire », ont rallié le chef Jean-François Lisée.

Son confrère de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit voir dans cette réforme un moyen de lutter contre le cynisme. « C’est un bon compromis pour nos régions, c’est un bon compromis pour notre démocratie, c’est un bon compromis pour le Québec », a-t-il résumé. Ni l’un ni l’autre des chefs n’a voulu se prononcer sur sa capacité à oeuvrer au sein d’une coalition PQ-CAQ.

Seul Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, a dit n’avoir « aucune objection à augmenter le nombre de sièges à l’Assemblée nationale » si cela s’avérait nécessaire. À ses côtés, François Legault a levé les yeux au ciel. Ni la CAQ ni le PQ ne souhaitent voir le nombre de députés dépasser les 125.

Les partis ne se sont pas arrêtés sur une proportion précise de députés élus et de députés « de liste ». Ils se sont néanmoins engagés à déposer un projet de loi visant à réformer le mode de scrutin « au plus tard le 1er octobre 2019 ».