Comment lutter contre le désengagement électoral des jeunes

L’INM a dévoilé officiellement une mise à jour d’une étude datant de cinq ans sur la participation électorale des jeunes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’INM a dévoilé officiellement une mise à jour d’une étude datant de cinq ans sur la participation électorale des jeunes.

Un sondage pour comprendre l’engagement et le désengagement électoral et politique des jeunes Québécois. Une campagne avec des « influenceurs » (lire : des vedettes) pour stimuler la participation aux prochaines élections provinciales le 1er octobre. Et des interventions auprès des jeunes travailleurs pour l’un et l’autre : mieux saisir ce qui les rebute et ce qui les attirerait comme électeurs.

Voilà le plan dévoilé mardi matin par l’Institut du Nouveau Monde (INM), allié à la Banque de Montréal (BMO) dans ce projet aux nobles et généreuses visées démocratiques. Le Québec, comme la plupart des sociétés occidentales, voit le taux de participation aux élections diminuer sans cesse, et celui des jeunes encore plus.

L’INM a dévoilé officiellement une mise à jour d’une étude datant de cinq ans sur la participation électorale des jeunes. Après un rebond lors des dernières élections fédérales, le taux est retombé au plancher d’il y a une décennie. Dans l’ensemble du Québec, le taux de participation des jeunes de 18-35 ans atteignait à peine 50 % aux dernières élections. La jeunesse compose environ le tiers de l’électorat.

L’INM fait de l’engagement sociopolitique un de ses axes centraux d’activité. Seulement, l’Institut prêche souvent aux convertis en attirant des jeunes politisés et scolarisés qui s’intéressent à la grande marche du monde.

« Le jeune qui ne vote pas, c’est souvent un jeune homme qui a décroché de l’école et a un niveau faible de scolarité, explique Julie Caron Malenfant, directrice générale de l’INM. L’idée, c’est donc d’aller le rencontrer en entreprise, là ou il travaille. Il faut faire les choses différemment pour comprendre ce qui se passe. D’où notre association avec BMO. »

Claude Gagnon, président des opérations de BMO Groupe financier pour le Québec, justifie la participation de la banque. « Le système politique tente de stimuler l’engagement des jeunes et en même temps, une implication citoyenne me semble nécessaire. On peut faire le parallèle avec le milieu de l’éducation, entre le décrochage scolaire et le décrochage électoral. Les institutions publiques se battent pour augmenter le taux de diplomation. On a aussi besoin de sensibiliser la population à cette cause, pour qu’elle la soutienne. C’est la même chose pour le vote. »

Le plan à court terme prévoit une campagne sur les réseaux sociaux avec des personnes d’influence auprès de la population visée et un sondage auprès des 18-35 ans. L’enquête se fera dans les prochains mois. « Les questions porteront sur les motivations qui pourraient pousser les jeunes à s’intéresser à la politique, mais aussi les leviers d’action à notre disposition pour les engager davantage. »