David Heurtel, quatrième ministre à annoncer son retour à la vie privée

David Heurtel a d’abord été ministre de l’Environnement pour ensuite passer à l’Immigration.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir David Heurtel a d’abord été ministre de l’Environnement pour ensuite passer à l’Immigration.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a confirmé vendredi qu’il ne sollicitera pas de nouveau mandat à l’élection d’octobre 2018, devenant ainsi le quatrième ministre libéral à confirmer son départ de la vie politique.

Le député de Viau a mis fin aux rumeurs sur son départ dans un message publié sur les médias sociaux.

« Dans les derniers mois, la maladie a frappé ma famille. Ce contexte est pour moi incompatible avec l’exigence d’un prochain mandat, a-t-il écrit. J’ai donc décidé de passer à un dernier chapitre de ma vie professionnelle. Conséquemment, je ne serai pas candidat aux prochaines élections. »

David Heurtel a été élu pour la première fois en décembre 2013, lors d’une élection partielle dans la circonscription de Viau. Il a conservé la circonscription à l’élection générale de 2014 et obtenu par la suite le portefeuille de l’Environnement. Il a été nommé ministre de l’Immigration en octobre 2017.

« Je voudrais lui rendre hommage », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, quelques heures après l’annonce du départ du ministre. « Autant à l’Environnement, où il a joué un rôle important dans la stature du Québec sur la scène internationale dans la lutte contre les changements climatiques et avec, également, la réforme de la Loi québécoise sur la qualité de l’environnement, qui n’avait pas été faite depuis des décennies. »

Un mandat houleux

Le mandat de David Heurtel au ministère de l’Environnement a été ponctué de controverses. Dès 2014, il a été montré du doigt en raison du cafouillage entourant les travaux de forage de la pétrolière TransCanada dans une pouponnière de bélugas, au large de Cacouna. Le ministre a aussi dû justifier sa décision d’autoriser le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, un épisode surnommé le « flushgate ».

Il a aussi été à la base d’un règlement maintenant la mainmise politique sur les nominations au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement et fut au coeur d’un conflit avec 230 municipalités, auxquelles il a refusé le droit d’adopter des règles plus strictes que celles mises en place par Québec afin de protéger les sources d’eau potable lors des forages pétroliers et gaziers.

Au Salon bleu, David Heurtel s’est imposé comme un adversaire redoutable. Le Parti libéral l’a notamment envoyé au front pour prendre la défense de son collègue Carlos Leitão, qui avait auparavant déclaré que la Coalition avenir Québec formulait des propositions relevant du « nationalisme ethnique ». Lors du remaniement d’octobre 2017, le premier ministre lui a confié les rênes du ministère de l’Immigration, afin qu’il remette sur les rails l’épineux dossier de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme. Plus récemment, il a défendu à Ottawa la volonté ferme de Québec d’obtenir une compensation financière pour sa prise en charge de demandeurs d’asile.

Pour l’ensemble de son oeuvre, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré qu’il « le remercie beaucoup ». « Nous, on va de l’avant », a-t-il ajouté.

L’équipe que présentera le chef libéral au scrutin d’octobre sera passablement renouvelée : au total, 13 des 67 élus libéraux (20 % du caucus) ont déjà annoncé qu’ils ne brigueront pas les suffrages. Avant David Heurtel, les ministres Stéphanie Vallée, Jean-Marc Fournier et Martin Coiteux ont annoncé leur départ de la vie politique au terme de la législature actuelle. Deux autres ministres — Laurent Lessard et Geoffrey Kelley — sont toujours en réflexion, tout comme le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon. Des rumeurs envoient aussi la ministre du Tourisme, Julie Boulet, à la retraite de la vie politique.

« Ça crée aussi des occasions favorables », a déclaré en anglais Philippe Couillard. Il refuse de voir dans les départs des membres de son caucus une conséquence des sondages récents, qui placent la Coalition avenir Québec en tête des intentions de vote. « Nous renouvelons notre équipe, plusieurs personnes lèvent la main pour se présenter pour nous, dans diverses circonscriptions », a-t-il assuré.

 

Infographie

Quels députés ont annoncé leur départ?