«On peut concevoir un système meilleur que le capitalisme», dit Amir Khadir

Le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire (QS), a appelé, mercredi, à l’Assemblée nationale, à remplacer le système capitaliste.

En commission parlementaire, le député de Mercier a demandé à ouvrir le débat parce que le capitalisme n’a rien d’une loi naturelle et qu’il faut le distinguer de l’économie, selon lui.

Il interpellait la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, dans le cadre de l’étude des crédits budgétaires d’Investissement Québec, le bras financier du gouvernement.

« On peut concevoir un système meilleur que le capitalisme », a-t-il déclaré, en prenant exemple sur des lois scientifiques qui ont été supplantées au fil du temps avec l’avancement des connaissances.

« Il faut remettre en cause le capitalisme parce qu’il y a une augmentation incroyable des inégalités », a poursuivi le député, en plaidant que c’est grâce à la concurrence du système socialiste que le capitalisme se modérait autrefois, « pour ne pas perdre le combat contre le système socialiste ».

Preuve du dérèglement actuel : les dirigeants les mieux payés au Canada vont gagner 200 fois le salaire annuel moyen, et dès le 2 janvier, ils avaient déjà gagné ce salaire, a-t-il rappelé.

« On ne peut accepter ça, on ne peut pas dire : ça va, on continue », a lancé le député.

De même, le grand patron de Bombardier, Alain Bellemare, touche 13,7 millions $, soit 335 fois le salaire de la personne la moins bien payée de l’entreprise, soit 41 000 $, a cité M. Khadir.

« Platon proposait un ratio de 4 pour un 1 entre les mieux payés et les moins payés, Aristote admettait 5 pour un 1 », a illustré l’élu de Mercier, en rappelant que QS suggère que la rémunération des dirigeants des entreprises soutenues par l’État ne devrait pas dépasser plus de 30 fois le salaire de l’employé le moins bien payé de l’entreprise.

« Le monde peut exister sans capitalisme […]. Que pense la ministre de l’idée de dépasser le capitalisme ? » a-t-il conclu.

Dominique Anglade a rappelé les liens que sa famille entretenait avec M. Khadir et les discussions philosophiques que ses parents avaient avec lui.

« À l’époque de Platon, pas certaine que les gens vivaient dans une belle situation et il y avait passablement de pauvreté », a-t-elle rétorqué.

La ministre a concédé qu’il faut continuer à voir des réflexions et qu’on a le droit de remettre en cause le système. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de s’ingérer dans la rémunération des grandes entreprises, parce qu’il existe déjà des comités internes sur cet enjeu, a-t-elle affirmé.

« On a déjà vécu sans capitalisme c’est vrai, mais avec quel résultat ? a demandé Mme Anglade. La réalité, c’est que si on a été capable de sortir les gens de la pauvreté aujourd’hui, c’est qu’il y a un système qui a quand même fonctionné. »