Les départs d’élus libéraux se multiplient

Philppe Couillard n'a pas confirmé le départ de David Heurtel et de Laurent Lessard, à la fin de leurs mandats.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philppe Couillard n'a pas confirmé le départ de David Heurtel et de Laurent Lessard, à la fin de leurs mandats.

Une douzaine d’élus qui renoncent à briguer un nouveau mandat, d’autres qui songent à les imiter : il flotte sur le Parti libéral du Québec comme un parfum de fin de régime, s’amusent à répéter les partis d’opposition.

Philippe Couillard s’est affairé mardi à dissiper ces effluves à coups de métaphores sportives. « En 2014, j’avais de loin la meilleure équipe sur la glace. Ce sera la même chose en 2018 », a-t-il lancé dans un impromptu de presse.

Après avoir « sauvé le Québec d’un désastre financier », le PLQ fera une « proposition qui sera de nature à enthousiasmer la population du Québec », a-t-il promis à cinq mois des élections générales.

Le chef libéral ne s’est pas attardé sur les annonces en cascade de retrait de la vie politique faites par 12 députés, dont des figures importantes de son équipe ministérielle — Stéphanie Vallée, Jean-Marc Fournier et Martin Coiteux —, au fil des trois derniers mois. « La politique, c’est un parcours qui est exigeant et difficile pour les personnes et celles qui les entourent », a-t-il affirmé après avoir rapidement salué leur « grande, grande contribution ».

Le chef du gouvernement s’est abstenu de confirmer le départ, au terme de la 41e législature, de David Heurtel et de Laurent Lessard.

Les deux ministres n’ont pas cru bon non plus de dissiper le doute sur leur avenir politique alors que la Coalition avenir Québec caracole dans les sondages. « Ma réflexion n’est pas terminée », a soutenu M. Lessard. Le député de Lotbinière-Frontenac, qui n’a pas nié préparer sa sortie après 15 ans à l’Assemblée nationale, s’est dit surpris de voir des « sources libérales » mentionner d’ores et déjà à des médias qu’il ne sollicitera pas un sixième mandat. « Il doit y avoir quelqu’un qui a accroché le piton de la cassette et elle est partie », a-t-il dit.

Après près de 25 ans de vie politique, Geoffrey Kelley réfléchit aussi à la possibilité de relever de nouveaux défis l’automne prochain. Même chose pour le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui a été élu une première fois en 1983.

Rita de Santis, qui fait partie de la cohorte de députés qui ont été élus en 2012, a aussi engagé une réflexion sur son avenir politique. L’ex-ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques s’alloue encore deux semaines pour déterminer si elle portera, une troisième fois, les couleurs du PLQ dans Bourassa-Sauvé. « [L’arrivée en politique,] c’est un choc pour les gens qui viennent de l’extérieur », a expliqué l’ex-associée du cabinet d’avocats Davies Ward Phillips et Vineberg. « On arrive avec des lunettes roses et des fois “they get smashed”. Alors, il faut décider si on est assez en forme [pour continuer]. Ciao », a-t-elle ajouté avant de rejoindre les autres membres du groupe parlementaire libéral.

Pour sa part, M. Couillard n’a, à aucun moment, envisagé la possibilité de quitter l’arène politique au terme de la présente législature. « Pourquoi ? Parce que le premier mandat est une réussite, une grande réussite pour le Québec. On veut aller encore plus loin », a-t-il déclaré. Il s’attend à connaître qui reste, qui part d’ici la tenue du prochain conseil général du PLQ, en juin prochain.

Aux yeux du député de Vanier-Les Rivières, Patrick Huot, « il y a un changement de génération qui est en train de se passer » au PLQ.