Petite victoire pour le rayonnement du Québec à l’étranger

L'AIEQ verra son financement assuré au moins pour les trois prochaines années grâce à une entente de partenariat avec les Fonds de recherche du Québec.
Photo: Getty Images L'AIEQ verra son financement assuré au moins pour les trois prochaines années grâce à une entente de partenariat avec les Fonds de recherche du Québec.

L’Association internationale des études québécoises (AIEQ) peut crier victoire, du moins temporairement. Menacé de fermeture en raison des coupes dans sa subvention gouvernementale, ce réseau de chercheurs universitaires faisant rayonner le Québec partout dans le monde verra son financement assuré au moins pour les trois prochaines années grâce à une entente de partenariat avec les Fonds de recherche du Québec.

« C’est un dénouement extrêmement heureux. C’est une très belle solution qui a été explorée et trouvée dans les dernières semaines et qui, effectivement, nous amène non seulement à une légère hausse de financement, mais à une entente avec un nouveau partenaire », s’est réjoui Pascal Brissette, le vice-président aux affaires scolaires et scientifiques de l’AIEQ. « On va y gagner de part et d’autre. »

En mars dernier, cette organisation sans but lucratif (OSBL) avait dénoncé une réduction de 40 % dans le budget que lui allouait le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), celui-ci voulant l’inciter à se trouver d’autres sources de revenus. Le MRIF s’était défendu de vouloir faire disparaître l’association et avait fait valoir que celle-ci n’avait pas pris les mesures nécessaires pour s’autofinancer.

Gagner une stabilité

« On a gagné une stabilité », a assuré M. Brissette. Il reconnaît que les deux déménagements obligés des bureaux de l’AIEQ de même qu’une lourde reddition de comptes n’avaient pas permis aux administrateurs bénévoles de l’organisme de « mettre l’énergie nécessaire » pour chercher de nouvelles avenues pour accroître le financement. Mais cela semble être maintenant chose du passé, comme en témoigne la publication mardi dernier d’un communiqué de presse commun de l’AIEQ et du MRIF.

« Comme il y a eu une très belle écoute de la part du nouveau sous-ministre au MRIF, on a décidé que ça valait la peine de donner toutes les chances à cette entente », a déclaré M. Brissette, également directeur du Département de langue et littérature française de l’Université McGill. Arriver à cette solution n’a pas été chose facile, mais l’ouverture de part et d’autre a permis « un dénouement heureux des discussions », a-t-il ajouté.

Depuis vingt ans, l’AIEQ, qui se décrit elle-même comme « un levier à la politique internationale du Québec », soutient un réseau de plus de 3000 québécistes, soit des personnes intéressées par les études québécoises. Elle octroie aussi des bourses et dit avoir organisé plus de 800 événements et colloques qui ont permis de faire rayonner le Québec ailleurs au Canada et à l’international.

L’AIEQ n’en était pas à sa première bataille. En 2014, elle avait fait face à des menaces de compressions budgétaires par le Conseil du trésor, qui voulait lui retirer son soutien, de même que le salaire du fonctionnaire du MRIF qui était « prêté » à l’organisme. L’appui financier a été maintenu, mais le montant de la subvention avait continué de fondre au fil des années pour atteindre 135 000 $, soit 100 000$ de moins qu’il y a trois ans.