Philippe Couillard s’en prend aux positions de la CAQ en matière d’immigration

Le premier ministre québécois Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre québécois Philippe Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard a soigneusement évité, vendredi, de répéter que la Coalition avenir Québec (CAQ) est un parti d’extrême droite, mais il a invité les Québécois à juger la formation politique de François Legault sur la base de ses positions en matière d’immigration.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, avait accusé la veille le premier ministre d’abaisser le niveau du débat en utilisant ce qualificatif pour désigner la CAQ alors qu’il n’y a pas, selon M. Lisée, d’extrême droite, de fascistes ou d’extrême gauche au Québec, une société de « relative modération politique », selon son expression.

Le premier ministre a plutôt de nouveau vigoureusement dénoncé la proposition de M. Legault de diminuer l’immigration et d’expulser les immigrants qui ne répondraient pas à certains critères, une proposition qu’il a qualifiée d’irresponsable et antiéconomique.

« Ça nous donne déjà tellement mauvaise réputation d’avoir juste soumis cette idée-là », a-t-il déclaré.

Philippe Couillard a dit souhaiter « pour le Québec » que le chef caquiste renonce à cette idée. « C’est une des politiques les plus rétrogrades qu’on a vues au Québec depuis longtemps, cette idée d’expulser des immigrants », a-t-il lancé en mêlée de presse.

Il en a rajouté en invoquant un récent article du réputé magazine britannique The Economist, qui traitait de la montée du populisme au Canada, article dans lequel se trouvaient associés les noms de François Legault, du chef conservateur ontarien Doug Ford et du président américain Donald Trump.

Positions à clarifier, selon Couillard

Philippe Couillard en a profité au passage pour reprocher à François Legault d’être incapable d’expliquer ses positions, notamment sur la manière dont il entend renier l’entente avec les médecins pour en imposer une nouvelle.

« S’il dit qu’il est prêt à gouverner, il doit être prêt à expliquer », a martelé le premier ministre.

Il l’a également accusé de s’être présenté durant cinq heures à l’étude des crédits budgétaires sans poser une seule question sur l’économie des finances publiques alors que « M. Legault est revenu en politique soi-disant pour l’économie », a-t-il ironisé.

Il a conclu sa diatribe en affirmant que ce n’était pas à lui de dire aux gens quoi penser, mais que c’était plutôt « aux citoyens de regarder ça et de faire leur idée ».