Martin Coiteux confirme son retrait de la vie politique

Martin Coiteux a insisté sur les sacrifices que son saut en politique a impliqués pour son épouse et leurs cinq enfants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martin Coiteux a insisté sur les sacrifices que son saut en politique a impliqués pour son épouse et leurs cinq enfants.

À quelques mois des élections provinciales, le ministre Martin Coiteux a décidé qu’il était temps de faire « autre chose » que de la politique. Le député assure que ce ne sont pas les sondages défavorables à son parti qui ont motivé sa décision, mais plutôt son désir de se rapprocher de sa famille.

« Lorsque je me suis lancé en politique 2014, les fameux sondages, ils annonçaient que le prochain gouvernement serait du Parti québécois et qu’il serait majoritaire », a rappelé l’ancien professeur aux HEC Montréal.

Le député de Nelligan, une circonscription dans l’ouest de l’île de Montréal, a insisté sur les sacrifices que son saut en politique a impliqués pour son épouse et leurs cinq enfants.

« C’est une décision de couple, une décision familiale […] Elle m’a toujours dit que, peu importe la décision que je prendrais, elle allait être à bord. Je pense qu’elle va préférer la décision que je prends aujourd’hui, mais je sais qu’elle aurait été à bord si j’avais pris une autre décision et que j’avais continué », a-t-il souligné.

Figurant parmi les candidats vedettes du PLQ en 2014, M. Coiteux avait dès l’élection du gouvernement accédé au poste influent de président du Conseil du trésor. Il a eu le rôle ingrat de sabrer et d’équilibre les finances publiques, plaidant la « rigueur budgétaire », tandis qu’on l’accusait de faire de l’austérité.

« Je suis né en 1962 et je n’ai jamais connu une situation où le Québec avait une meilleure cote de crédit que l’Ontario […] Alors même si ça a été difficile, que c’était une décision qui n’était pas simple, on en récolte les fruits aujourd’hui », a-t-il fait valoir.

Gestion de crise

Depuis 2016, M. Coiteux cumule une double fonction, aux Affaires municipales et à la Sécurité publique, où il a également eu à gérer d’importantes crises, dont le cafouillage de l’autoroute 13, les inondations historiques du printemps 2017, puis récemment les allégations de fabrication de preuve au Service de police de la Ville de Montréal.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a salué la contribution politique du ministre Coiteux.

« Je crois que ce qui va passer à l’histoire, c’est la transformation et le renouveau profond qu’il a apportés dans la relation entre le gouvernement du Québec et les municipalités. Trois — trois, pas deux —, trois projets de loi : Montréal, métropole ; Québec, capitale nationale ; et l’ensemble des municipalités », a souligné M. Couillard.

Le ministre Coiteux reste en poste jusqu’en octobre prochain. Il assure pour le moment ne pas avoir de plan de carrière précis pour la suite.

« J’ai le temps d’essayer autre chose, mais je n’ai pas l’éternité devant moi. Dans quatre ans, je vais avoir 60 ans », a-t-il confié.
 


M. Coiteux est le troisième ministre du gouvernement, après Stéphanie Vallée et Jean-Marc Fournier, à choisir de ne pas poursuivre sa carrière politique.

Le départ du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, est aussi tenu pour acquis dans les rangs libéraux, même s’il ne l’a pas encore annoncé officiellement.

Au moins deux autres ministres sont toujours en réflexion : Laurent Lessard (Agriculture) et Geoffrey Kelley (Affaires autochtones).